Profil Joueur

Dante Kaelornir

Apparence

Description physique générale

Je possède une silhouette élancée, avec une carrure fine, mais bien dessinée. Ma posture est droite, parfois presque infantile, et ma présence suscite souvent la sympathie ou la méfiance.

Corps et visage

J'ais une peau noire marquée de motifs blancs et de traces rouge carmin. Mon visage est ascétique, aux pommettes saillantes, et mes yeux sont d’un rouge vif. Mes cheveux, très longs, mêlent le noir et le blanc et sont répartis en plusieurs tresses qui me descendent jusqu’à la taille.

Signes distinctifs

De grandes cornes noires s’élèvent sur mon front avant de se courber vers l’avant. Mes tresses sont décorées de bijoux métalliques, de pendentifs et de petits objets de souvenir personnels.

Tenue et accessoires

Je porte une tenue noire composée de plusieurs couches de tissu, renforcée par des pièces d’armure sombre aux motifs travaillés. Une longue cape rouge et noire recouvre mes épaules. Des chaînes, des bijoux et des ornements métalliques complètent ma tenue. Un livre à la couverture sombre est attaché à ma ceinture, tandis que je porte une longue épée dont j’évite autant que possible de me servir.

Personnalité

Caractère

« J’aime rire, m’amuser et profiter de la vie comme un enfant qui n’aurait jamais grandi. Seulement, mon humeur change comme le vent : je peux passer de la joie à la brutalité  J’aime me donner un genre, jouer les personnages et en faire trop, quitte à paraître ridicule. Après tout, si je dois attirer les regards, autant leur donner quelque chose à raconter. »

Motivation

« Euuuuh… déjà finir mon verre de vin ! Après, on verra bien. J’aimerais découvrir ma véritable nature et explorer tout ce que ce monde a à m’offrir. J’ai une faim que je cherche encore à comprendre et à maîtriser, mais je compte bien profiter de la vie sans faire de mal inutilement à ceux que je rencontre. Enfin, chaque chose en son temps… et chaque verre jusqu’à la dernière goutte ! »

Histoire

Origine

 

Récit d’un Hungerseed — Pathfinder,

 

Mon nom ? mon nom il na pas beaucoup d’importance. Pas pour le moment.

Le début de cette histoire prend ses racines , dans les contrées lointaines de Tian Xia, terre natale de ma mère. C’est là-bas qu’elle rencontra celui qui allait devenir mon père. Cependant, leur union ne fut pas aussi heureuse qu’elle l’avait espéré. Au fil du temps, son époux révéla une nature de plus en plus inquiétante, jusqu’à devenir une véritable menace pour sa sécurité. Lorsqu’elle découvrit qu’elle portait son enfant, elle prit finalement la décision de le fuir, abandonnant derrière elle son foyer et tout ce qu’elle avait connu.

C’est ainsi qu’elle entreprit un long et périlleux voyage, traversant terres et mers, bravant vents et marées, alors même qu’elle me portait encore en son ventre.

Son périple la conduisit finalement jusqu’au Cheliax, dans un petit village niché au creux des montagnes, non loin de la région de la mer Intérieure. C’est là qu’elle parvint à s’installer, malgré la méfiance des habitants envers les étrangers. Grâce à sa persévérance, à son travail acharné et à la bienveillance de quelques villageois, elle réussit peu à peu à se faire une place au sein de cette petite communauté. Elle finit même, quelques années plus tard, par se remarier.

Pourtant, ma mère ne m’a jamais réellement expliqué comment elle était parvenue à faire accepter la naissance d’un être aussi singulier que moi, alors qu’elle venait tout juste de s’installer dans un village où les étrangers étaient déjà regardés avec suspicion.

Lorsqu’enfant, je l’interrogeais à ce sujet, elle me racontait toujours la même histoire. Celle d’une mystérieuse femme cornue, apparue au village la veille de ma naissance. Cette étrangère aurait déclaré devant les habitants que, malgré mon apparence et mes origines, j’étais un enfant comme les autres, un être innocent qui méritait de vivre.

Ce seraient ses paroles qui auraient convaincu les villageois de me laisser une chance.

Du moins, c’est ce que l’on raconte…

 

J’ai grandi dans ce village et, pendant un temps, j’ai même eu quelque chose qui ressemblait à une enfance normale. J’avais une famille, quelques amis, un toit au-dessus de la tête et suffisamment de bêtises à faire pour occuper mes journées. Bref, rien qui ne sorte véritablement de l’ordinaire.

Puis l’adolescence est arrivée. Et avec elle, les ennuis.

Je vivait avec ma mère mon beau-père, de mes trois petits frères et de ma grande sœur. Ma famille n’était pas parfaite, mais elle était la mienne.

Il faut dire que je n’étais pas exactement le garçon le plus discret du village. Ma peau était noire, et mas yeux rouge écarlate et, pour couronner le tout, deux cornes poussaient sur mon crâne. J’avais beau faire des efforts, je ne passais jamais vraiment inaperçu.

Dans un monde où l’on se méfie déjà de son voisin parce qu’il prie un dieu différent, imaginez ce que l’on pense d’un garçon qui ressemble à un petit démon.

Oh, je ne vais pas vous servir le traditionnel discours du pauvre enfant incompris. Les peuples étrangers m’ont toujours fasciné, et les coutumes des autres ne m’ont jamais semblé plus absurdes que celles de mon propre village.

C’est ainsi que je me suis progressivement éloigné des habitants pour me rapprocher des caravanes nomades qui traversaient la région. Parmi elles se trouvaient des Kellids, des barbare  venus d’autres contrées, dont les manières auraient pu faire passer un ours mal léché pour un gentilhomme de bonne famille. Ils étaient rustres, parfois désagréables, mais profondément attachés aux leurs et à leurs traditions. Quelque chose en eux me rappelait un caractère que je portais moi-même, enfoui sous mes colères et mes contradictions.

C’est également auprès d’eux que je me suis lié d’amitié avec Kaelor.

À douze ans, Kaelor mesurait déjà près d’un mètre soixante-douze, ce qui faisait de lui un géant aux yeux des autres enfants. À côté de lui, j’avais l’air d’un diablotin rachitique qui aurait malencontreusement perdu son chemin. Il était puissant, robuste et doté d’une force impressionnante. Moi, j’étais plus petit, plus vif et nettement plus habile lorsqu’il s’agissait de me sortir d’une situation embarrassante par la voix

Nous formions un duo étonnamment efficace. Lui cassait les portes, les nez et, à l’occasion, quelques objets dont la valeur sentimentale dépassait largement celle de ses victimes. Moi, je trouvais les moyens de tirer profit de tout cela. Disons simplement qu’il avait le sens de la destruction et que j’avais celui des affaires.

Le père de Kaléor s’appelait Bjonr. Progressivement, il était devenu une véritable figure paternelle à mes yeux. À l’image de sa tribu, il était rustre dans ses manières, mais possédait une patience remarquable, forgée au fil des années par son métier. Forgeron de talent, il m’avait enseigné quelques règles fondamentales pour fabriquer une arme solide et fiable.

Pendant longtemps, cette vie m’a suffi. J’avais mes amis, mes aventures et l’impression que le monde finirait bien par me réserver une place.

Puis mon corps a commencé à changer.

Au départ, ce n’était presque rien : une faim plus importante, une irritabilité inhabituelle, quelques accès de colère dont je ne comprenais pas l’origine. Progressivement, la faim est devenue plus insistante. Je me suis mis à manger pour deux hommes, puis davantage encore, comme si mon ventre abritait une bête insatiable.

Puis l’alcool est entré dans ma vie. Au début, quelques verres suffisaient à calmer mes nerfs et à faire taire mes pensées. Ensuite, il est devenu une habitude. Enfin, une nécessité.

Mais l’alcool n’expliquait pas tout. Mon caractère se dégradait à mesure que les années passaient. Je devenais irritable, capricieux et colérique. La moindre contrariété suffisait à me faire perdre patience. Je pouvais me montrer odieux avec des gens que j’aimais sincèrement, puis regretter mes paroles sans parvenir à m’excuser.

Le pire, c’est que j’en avais parfaitement conscience. Je voyais mes relations se détériorer, les regards changer et les sourires se faire plus rares. Ma famille elle-même commençait à me regarder comme si elle ne savait plus très bien qui j’étais.

Et pourtant, je n’arrivais pas à changer. C’était comme être enfermé dans son propre corps, condamné à observer quelqu’un d’autre prendre chacune de ses décisions. Je savais ce qu’il fallait faire, je comprenais les conséquences de mes actes, mais cette compréhension ne suffisait jamais à m’arrêter.

L’enfant que j’avais été luttait chaque jour pour retrouver le garçon jovial et curieux qu’il se souvenait d’être. Chaque jour, il perdait un peu plus de terrain.

Je me suis alors réfugié dans les livres, l’étude et la préparation de mes petits tours de magie. J’ai tenté de comprendre ce qui m’arrivait, de trouver une explication à cette faim, à ces colères et à cette sensation grandissante d’être étranger à moi-même. Je me suis aussi tourné vers la violence. C’était plus simple : la violence, au moins, ne demandait pas de réponses.

Les nuits de pleine lune étaient les pires. Je me retrouvais seul avec mes pensées, à maudire cet héritage que je tenais de mon père. Je ne savais pas exactement ce qu’il m’avait transmis, ni même s’il avait lui-même compris ce qu’il portait. Je savais seulement que quelque chose en moi grandissait et que je n’avais aucune idée de la manière de l’arrêter.

J’avais peur. Je n’aurais jamais osé l’admettre à voix haute. Il aurait été beaucoup trop humiliant de reconnaître que le garçon aux cornes, qui prétendait n’avoir peur de personne, était terrifié par lui-même.

Alors, j’ai continué.

Jusqu’au jour où tout a basculé.

Je ne me souviens pas vraiment de ce qui s’est passé. Il me reste quelques images, des sensations éparses, des fragments de souvenirs que je n’ai jamais réussi à remettre en place.

Puis il y a eu le réveil.

Je me trouvais au milieu du village, couvert de sang, un marteau à la main. Mes vêtements étaient maculés, mes membres tremblaient et chacun de mes os semblait avoir été brisé, puis grossièrement remis à sa place par quelqu’un qui n’avait manifestement aucune connaissance en anatomie.

La douleur était indescriptible. Imaginez dix mille aiguilles de verre raclant votre peau de l’intérieur, tandis que votre propre chair semble se déchirer à chaque respiration. Une souffrance si intense qu’elle en devenait presque irréelle.

Et pourtant, au milieu de cette horreur, il y avait autre chose : une sensation de puissance. Une satisfaction profonde, animale, absolument insoutenable. Comme si tout ce que j’avais connu jusqu’alors n’avait été qu’un vague échauffement.

Je me souviens d’une femme qui criait, le visage déformé par la terreur, me désignant d’une main tremblante. Sa voix résonnait dans mon crâne sans que je parvienne à en saisir les mots.

Puis j’ai vu mon petit frère.

Ou plutôt, j’ai vu ce qu’il restait de lui.

Il était mort.

Et j’étais responsable.

Je ne sais pas ce qui m’a poussé à le tuer. Je ne sais pas ce que j’avais pu penser, ni ce qui avait traversé mon esprit à cet instant. J’ai passé une moitié de ma vie à chercher une explication et l’autre à essayer de vivre avec l’absence de réponse. Aucune raison n’aurait été suffisante, de toute façon. Il était mon petit frère. Je l’avais tué. Le reste n’était que du bruit.

Au milieu de la place du village, les bras couverts de sang, je me suis redressé. Une force terrible parcourait encore mon corps. Mes yeux ne distinguaient plus le monde comme avant. Tout semblait déformé, lointain, englouti sous un brouillard. J’avais l’impression d’être à la fois plus vivant que jamais et déjà mort.

Alor une masse implacable me propulsa dans l’herbe mon corps ce relevant a peine.

Ma grande sœur m’a plaqué au sol et frappé avec toute la force qu’elle pouvait rassembler. Elle était puissante, bien plus qu’on aurait pu le croire, et ses coups pleuvaient sur mon visage sans que je cherche à me défendre. Comme si chaque tentative de me défendre était balayée, réduite à néant par la puissance de ses coups.

Je ne lui en voulais pas. Chaque coup me semblait mérité. Si elle avait pu me tuer à mains nues, je crois que je l’aurais laissée faire.

Que lui aurais-je dit ? Que je ne me souvenais de rien ? Que je n’avais pas voulu le faire ? Que je ne savais pas pourquoi ? De belles excuses, vraiment. Mon petit frère était mort, et j’étais toujours là, à respirer.

J’aurais presque préféré qu’elle continue.

Mais elle finit par s’arrêter. Elle m’attacha à son cheval, comme on aurait attaché une bête dangereuse dont on ne sait pas encore s’il faut l’abattre ou la conduire ailleurs.

C’est alors que d’autres souvenirs me sont revenus : les chaînes, l’écurie, le cheval blanc, les cheveux blonds de ma sœur et les yeux de ma mère.

Je me souviens surtout de son regard, empli d’une incompréhension si profonde qu’il me faisait plus mal que tous les coups reçus. Elle semblait chercher dans mon visage quelque chose qu’elle avait connu autrefois, une trace de son enfant, une preuve que le garçon qu’elle avait élevé existait encore quelque part.

Je ne sais pas si elle m’avait toujours rejeté pour ce que j’étais, si elle avait regretté son union avec mon père ou si elle découvrait simplement, à cet instant, qu’elle ne pouvait plus rien faire pour moi.

Quant à mes autres frères, je ne savais pas ce qu’ils pensaient. Peut-être ne voulaient-ils plus jamais me revoir. Peut-être avaient-ils peur. Peut-être me haïssaient-ils déjà. Je ne pouvais pas leur en vouloir.

Et puis, il y avait Kaelor

Kaelor n’était pas là.

J’avais entendu dire que sa famille avait quitté les environs, peut-être pour rejoindre une rébellion ou une autre entreprise dont je n’avais jamais vraiment compris les tenants et les aboutissants. À cet instant, ces détails n’avaient plus aucune importance. Je cherchais son regard parmi les visages, ce regard complice que j’avais connu pendant des années, celui qui m’avait accompagné dans mes meilleures comme dans mes pires idées.

Je voulais le voir une dernière fois. Je voulais qu’il me dise quelque chose, n’importe quoi. Qu’il me traite d’imbécile, qu’il m’insulte, qu’il me frappe à son tour s’il le fallait. J’aurais même accepté une plaisanterie sur mon apparence. Pour dire à quel point la situation était grave.

Mais je ne trouvais personne. Seulement des visages fermés, des larmes, du sang et cette vallée paisible qui semblait n’avoir rien remarqué de la catastrophe qui venait de s’y dérouler.

La terre continuait de tourner. Les montagnes se dressaient toujours à l’horizon. Le vent soufflait dans les arbres. Le monde n’avait pas changé.

C’était moi qui l’avais détruit.

Depuis mon enfance, je possédais quelques talents magiques. Rien d’extraordinaire, mais suffisamment pour me tirer de situations qui auraient pu devenir dangereuses. J’avais toujours considéré cette magie comme un outil, une porte de sortie lorsque les choses tournaient mal.

Cette fois, j’en aurais eu désespérément besoin.

Mais rien ne vint. Pas une formule, pas un geste, pas même cette petite étincelle qui, autrefois, répondait à mes intentions. Je ne savais pas si j’étais trop épuisé, trop effrayé ou simplement incapable de me concentrer.

Peut-être qu’une partie de moi refusait de se libérer.

Après tout, pourquoi aurais-je voulu fuir ? Je ne pouvais pas réparer ce que j’avais fait. Je ne pouvais pas ramener mon frère. Je ne pouvais pas rendre à ma famille l’enfant qu’elle avait perdu.

Et je n’avais plus aucune certitude quant à ce que j’étais devenu.

Ma sœur me conduisit jusqu’à un précipice surplombant la vallée qui avait vu grandir mon enfance. Puis elle m’y attacha. Suspendu dans le vide, les pieds cherchant désespérément un appui, je pouvais voir le paysage qui avait été le mien : les montagnes, les chemins, les toits du village. Tout ce qui m’avait autrefois semblé immense paraissait désormais minuscule.

Je croisai son regard une dernière fois. Elle avait les traits tirés, les yeux rougis et le visage de quelqu’un qui venait de prendre une décision qu’il ne pourrait jamais oublier.

Je ne sais pas si elle voulait me condamner, m’abandonner ou simplement empêcher que je fasse davantage de mal. Peut-être les trois.

Je ne pouvais même pas lui reprocher son choix. J’étais devenu un danger pour ceux que j’aimais. Si la justice devait avoir un sens, je ne méritais certainement pas de rentrer chez moi comme si rien ne s’était passé.

Elle me laissa là.

Puis la nuit tomba.

Un orage se rapprochait, grondant soudainement dans les montagnes. La pluie s’abattait sur mon corps nu, ruisselant sur ma peau et ricochant par milliers de petites étincelles d’eau, Transpercé par la lumière des éclairs qui semblaient se rapprocher toujours davantage de moi.  Les éclairs illuminaient la vallée par intermittence, révélant les falaises, les arbres et le vide sous mes pieds.

Je ne pouvais plus rien faire. Je n’avais plus de magie, plus de famille, plus d’amis à qui demander de l’aide. Je n’avais même plus la force de me haïr correctement.

Alors, pour la première fois depuis longtemps, j’ai cessé de lutter.

Je fermai les yeux, espérant simplement ne plus jamais a avoir à les rouvrir.

« Allez ! Oh hisse ! »

La voix me parvint de très loin. Une voix grave, puissante, étonnamment familière dans sa manière de résonner à travers mon crâne.

Je crus d’abord rêver. Puis mon corps bougea. Je sentis quelque chose tirer sur mes membres, me soulever, me déplacer. Ma conscience revenait lentement, comme un naufragé remontant à la surface après avoir passé trop longtemps sous l’eau.

Quand je rouvris enfin les yeux, j’étais allongé dans l’herbe, encore humide de rosée. J’entendais les oiseaux, je sentais le soleil sur ma peau et je respirais.

J’étais vivant.

Je refermai les yeux. Très honnêtement, après tout ce que je venais de traverser, je ne voyais aucune raison de me presser. Le sol était confortable, le soleil agréable et, pour une fois, personne ne semblait avoir l’intention de me frapper. J’allais donc profiter de cette situation aussi longtemps que possible.

Malheureusement, le monde avait d’autres projets.

« Il recommence à bouger », annonça une voix.

J’ouvris les yeux.

Trois silhouettes gigantesques se tenaient au-dessus de moi. Leur peau oscillait entre le bordeaux et le rouge carmin. Leurs mâchoires étaient massives, leurs épaules larges et leurs sourires révélaient une quantité de crocs qui couronner le visage il aurait suffi à convaincre un homme raisonnable de ne jamais s’approcher d’eux.

Leurs Traits avaient pourtant quelque chose d’étrangement jovial. Ils me regardaient avec une curiosité presque enfantine.

L’un d’eux se pencha vers moi.

« Tu as faim ? »

Je le regardai pendant plusieurs secondes, puis répondis :

« Oui. »

C’était probablement la première réponse honnête que j’avais donnée depuis des semaines.

Les trois géants éclatèrent de rire.

C’est ainsi que je fis la connaissance des oni des montagnes, parfois appelés mages ogres. Ils voyageaient depuis leur forteresse, poussés par une envie aussi simple qu’inattendue : prendre l’air, découvrir le monde et voir ce que la route pouvait leur réserver.

Ils n’avaient ni grande mission sacrée, ni prophétie à accomplir, ni royaume à sauver. Ils avaient simplement décidé de partir en voyage. J’avoue avoir trouvé cette raison parfaitement respectable. Combien de catastrophes auraient pu être évitées si davantage de gens s’étaient contentés de sortir prendre l’air au lieu de chercher à conquérir le monde ?

Ils m’accueillirent auprès de leur feu de camp sans poser de questions embarrassantes. Ils me donnèrent à manger, m’offrirent un endroit où dormir et me laissèrent reprendre des forces.

Je découvris rapidement qu’ils n’étaient pas tout à fait les monstres que leur apparence laissait imaginer. Ils étaient brutaux, certes, et leur conception de la délicatesse aurait probablement fait pleurer un maître de cérémonie chelaxien. Mais ils étaient aussi curieux, patients et étonnamment réfléchis.

Ils m’expliquèrent que je leur ressemblais davantage que je ne le pensais. Mes cornes, ma nature et cette faim qui me dévorait n’étaient pas des anomalies sans explication. J’appartenais à une lignée dont les oni partageaient certains traits. Je n’étais pas simplement un garçon malchanceux à qui la nature avait joué un mauvais tour. J’étais aussi le porteur d’un héritage venue de l’autre cote de l’océan

Pour la première fois, quelqu’un me parlait de ma nature sans me regarder comme une curiosité . Ils ne me promirent jamais de me guérir et ne prétendirent pas posséder de solution miraculeuse. Ils firent quelque chose de bien plus utile : ils m’apprirent à comprendre ce qui m’arrivait.

Comment maîtriser cette faim ? Comment vivre avec elle sans la laisser prendre le contrôle ? Comment reconnaître les signes avant-coureurs de la colère et de cette puissance qui semblait vouloir s’imposer à ma volonté ? Et surtout, comment accepter que certaines choses en moi ne disparaîtraient peut-être jamais ?

Je découvris que la force ne consistait pas seulement à frapper plus fort que son adversaire. Il fallait parfois davantage de courage pour retenir son poing que pour l’abattre. Je découvris également que la patience pouvait être une forme de puissance, même si je continue de penser que cette vertu est particulièrement pénible à pratiquer.

Mes nouveaux compagnons n’étaient peut-être pas les enseignants les plus conventionnels de Golarion, mais ils avaient au moins l’avantage de ne jamais prétendre être ce qu’ils n’étaient pas. Ils m’apprirent à écouter mon corps, à surveiller mes excès et à reconnaître les situations dans lesquelles ma volonté risquait de céder. Ils m’apprirent aussi à vivre avec les conséquences de mes actes, même lorsque je ne pouvais pas les réparer.

Je passai quatre années auprès d’eux. Quatre années de voyage, d’étude et de conversations autour du feu. Quatre années pendant lesquelles je pus enfin réfléchir sans avoir constamment l’impression d’être poursuivi par ma propre existence.

Je leur parlai de ma magie, de mes recherches et de mes ambitions. Je leur expliquai que je voulais comprendre ce que j’étais devenu, perfectionner mes talents et découvrir jusqu’où mes capacités pouvaient me mener.

En revanche, je ne leur racontai jamais véritablement ce qui s’était passé dans mon village. Ils ne me le demandèrent pas. ils compris que je mérité sans aucun doute ma situation. ils connaissaient  déjà les dangers de notre héritage

ils n’on jamais cherché à le savoir. Ils m’offrirent simplement une seconde chance.

Je ne pouvais pas effacer le sang sur mes mains, ni retrouver le garçon que j’avais été. Je ne pouvais pas demander à ma famille de me pardonner, pas plus que je ne pouvais exiger du monde qu’il m’accorde une place.

Mais je pouvais choisir ce que je ferais du temps qu’il me restait.

 

 

Après quatre années passées auprès des trois oni des montagnes, qui m’avaient appris à comprendre ma nature et à mieux maîtriser ma faim, je décidai de reprendre la route. Je ne pouvais oublier ce qui s’était passé dans mon village, ni la mort de mon petit frère, dont je gardais le souvenir sans parvenir à me rappeler les circonstances exactes. Je savais seulement que je ne voulais plus jamais perdre le contrôle de moi-même.

Je rejoignis une enfin une guilde afin de perfectionner mes talents, approfondir mes connaissances et poursuivre mon apprentissage de la magie. Mais je cherchais aussi des réponses : je voulais comprendre l’origine de mon héritage, découvrir ce que mon père absent m’avait transmis et savoir pourquoi j’étais né ainsi.

Je ne pouvais réparer le passé, ni effacer mes actes. Pourtant, je refusais de laisser la faim, la colère et cet héritage décider de mon avenir à ma place. Je devais apprendre à vivre avec ce que j’étais, sans devenir le monstre que je craignais d’être.

Je pris une nouvelle identité Dante Kaelornir et partis seul à la découverte du monde.

Race
Human
Genre
homme
Lieu de Naissance
Senara
Taille
185
Poids
88
Peau
Noir cendré et marque rouge
Cheveux
long noirs et blancs, tressés et ornés de bijoux et de souvenirs.
Yeux
rouge
Organisation
« M’organiser moi-même est déjà assez compliqué. »