Il a aujourd’hui 19 ans, mesure 1m57 pour 52 kilos d’une musculature fine et nerveuse. Sa silhouette est souple, faite pour l’équilibre et la rotation. Sa fourrure brun sombre prend des reflets cuivrés au soleil. Ses yeux dorés sont vifs, parfois trop, trahissant ses émotions avant qu’il ne parle.
Sous sa fourrure, lorsqu’il laisse l’énergie circuler, apparaissent de fines lignes lumineuses semblables à des racines torsadées. Pour les contenir, il porte des bandelettes autour des avant-bras, des paumes et à la base de la queue.
1m57, 52kg, fourrure couleur terre
Et par-dessus sa tenue simple, il porte un Niyahaat — une armure traditionnelle souple, faite de couches de tissu renforcé et de plaques légères finement travaillées, adaptée aux mouvements acrobatiques. La sienne est d’un vert sombre brodé de motifs végétaux discrets. Ce n’est pas une armure lourde ; elle accompagne le mouvement au lieu de le contraindre.
Keshava est né dans les hautes canopées du Senghor, au sud du vaste continent de Garund. Sa communauté vanara vivait suspendue entre ciel et feuillage, autour d’un figuier ancestral dont les racines plongeaient si profondément qu’on disait qu’elles effleuraient les royaumes des esprits.
La première manifestation eut lieu à cinq ans.
Keshava était tombé d’une plateforme. La chute aurait dû lui briser le souffle. À la place, une onde invisible ralentit sa descente et projeta feuilles et poussière en spirale autour de lui.
Les anciens se penchèrent.
« Bandaagee… »
Le mot resta suspendu.
Chez les vanaras, cet héritage n’était pas une simple curiosité. C’était une connexion instable à quelque chose de plus vaste. Une magie qui ne demandait pas la permission.
En grandissant, les incidents se multiplièrent.
À l’entraînement, alors que les autres enfants répétaient les formes martiales, le bâton de Keshava vibrait entre ses mains. Une lueur dorée courait le long du bois.
Un jour, agacé par les rires de ses camarades, il frappa un tronc pour prouver sa force.
Le tronc se fendit.
Silence.
Le maître d’armes s’approcha, posant une main sur le bois éclaté.
— « Tu n’as pas frappé avec ton corps. »
— « Alors avec quoi ? »
— « Avec ce que tu ne contrôles pas encore. »
Il n’était pas indiscipliné. Il était débordant.
Trop magique pour être simple guerrier.
Trop physique pour être simple érudit.
Trop imprévisible pour être moine.
Il devint celui qu’on regarde avec prudence. Le Magical Misfit.
Vers treize ans, il trouva un vieux bâton noueux tombé du figuier sacré. Tordu. Asymétrique. Vivant.
Il l’adopta.
Un soir, seul, après une remontrance publique, il cria :
« Je ne suis pas cassé ! »
Il frappa le sol.
La magie jaillit — puis, au lieu d’exploser, elle circula. Elle descendit le long de son bras, épousa la courbe du bois, remonta en spirale vers sa poitrine.
Il resta immobile.
Il recommença. En tournant.
La magie suivit le mouvement.
Il comprit que son erreur avait toujours été la rigidité. La magie n’était pas une flèche. Elle était une liane. Une branche qui se tord pour chercher la lumière.
Sans le savoir, il venait d’embrasser la voie du Twisting Tree.
À mesure que son contrôle s’affinait, les anciens devenaient plus silencieux.
À dix-huit ans, il fut convoqué.
Les lanternes éclairaient leurs visages graves.
— « Tu progresses », admit l’un.
— « Mais ta magie attire des échos », dit un autre.
— « Quels échos ? »
— « Ceux que nous ne comprenons pas. »
Keshava serra les poings ; les glyphes brillèrent sous ses bandelettes.
— « Alors enseignez-moi davantage. »
— « Nous t’avons donné ce que nous pouvions. Le reste… se trouve ailleurs. »
Ce n’était pas un bannissement.
Mais ce n’était plus un refuge.
À dix-neuf ans, vêtu de son Niyahaat ajusté, son bâton attaché dans le dos, il descendit définitivement de la canopée.
Sa mère l’étreignit longuement.
— « Ton mouvement est juste, Keshava. Même si le monde ne le comprend pas encore. »
Il quitta le Senghor, traversa ports et routes commerciales. Il offrit ses talents comme garde ou escorte. Les combats réels lui apprirent l’humilité : sa technique était belle, mais encore imparfaite. Son énergie parfois trop rapide, parfois mal dosée.
Un soir, dans une taverne portuaire, un vétéran observa sa manière de combattre.
— « Tu tournes comme un arbre sous le vent. »
— « C’est l’idée. »
— « Si tu veux apprendre à survivre avec ça, va à Absalom. Là-bas, les choses étranges deviennent utiles. »
Absalom. La Cité au Centre du Monde.
On y parlait d’une guilde qui recrutait les aventuriers novices. Pas des héros. Des débuts.
La Guilde de Ravel.
Il n’avait pas besoin d’un temple.
Il avait besoin d’épreuves.
Quand il franchit les portes d’Absalom, le tumulte le frappa de plein fouet. Bruits, odeurs, langues étrangères.
Il ajusta son Niyahaat. Vérifia la tension de ses bandelettes. Toucha son bâton.
Son Spellstrike fonctionnait… la plupart du temps.
Sa concentration pouvait se briser sous pression.
Son endurance était celle d’un novice.
Devant la guilde, il hésita.
« Et si je ne suis toujours pas à ma place ? »
Une chaleur familière circula en spirale dans ses bras.
Il entra.
Un recruteur leva les yeux vers le jeune vanara en armure souple brodée de motifs végétaux.
— « Nom ? »
— « Keshava. Du Senghor. »
— « Expérience ? »
Il réfléchit une seconde.
— « Assez pour savoir que je dois encore tout apprendre. »
Un sourire en coin.
— « Parfait. On commence tous quelque part. »
Pour la première fois, sa différence n’était pas un problème à résoudre.
C’était une promesse.
Et dans les fondations anciennes d’Absalom, quelque chose sembla frémir, comme si la branche tordue venait enfin de trouver une forêt assez vaste pour grandir.