Lucrezia est une jeune femme au teint de pêche et une chevelure noire emprisonnée dans un chignon sophistiqué. Toujours droite, les mains jointes, un visage parfaitement maquillé. Ses vêtements sont de haute qualité, pratiques mais classes, embellis par une dentelle noire raffinée digne de la noblesse d'Ustalav. Les bijoux et ornements ne manquent pas à compléter son apparence, détournant l'attention de ses subtils tatouages sous le tissu fin.
La famille Văduva garde ses origines dans une confidentialité stricte. Noble famille d'Ustalav depuis de nombreuses générations, elle garde une façade ancienne malgré le progrès social et technologique du Comté de Vieland. Les Văduva sont vu comme de simples nobles mécènes d'institutions académiques de Lepidstadt, profitant de leur rang pour y inscrire leur jeunesse avec facilité. Leur blason représente une tête de chèvre noire sur un fond d'améthyste.
Lucrezia grandit au sein de cette famille auprès de ses deux grands frères et deux grandes sœurs. Ces derniers excellent dans leurs disciplines : Arts, politique ou le plus souvent un mixte des deux. Pourtant, la petite dernière ne semble pas à la hauteur de ses comparses. Bien qu'elle y trouve de la beauté dans tout cela, son admiration seule ne suffit à réussir à l'université de Lepidstadt.
La jeune noble n'était pas la plus concentrée ou la plus ouverte envers qui que ce soit. Toujours à part, l'esprit dans la lune, à fixer un point dans le paysage. Lucrezia semblait trop...banale voir médiocre en tout... jusqu'à abandonner l'académie prestigieuse. Une lueur d'espoir apparait lorsqu'elle s'intéresse au passe-temps de son père : les échecs. Point de miracle, elle était lamentable en stratégie. Mais l'effort de comprendre ce jeu faisait plaisir à son paternel. Il lui appris les règles de bases avec une touche théâtrale : chaque pièce était un soldat ou une personne à un poste important, avec son histoire, ses qualités et ses défauts.
Ce moment rare où Lucrezia se rapproche de sa famille ne passe pas inaperçu chez sa mère. Cette dernière est une sanguimancienne très douée, façonnant n'importe quoi ou n'importe qui grâce au liquide vital carmin. Là aussi, apprendre avec les méthodes traditionnelles était peine perdu pour sa fille... Mais avec suffisamment d'imagination et une narration hypnotisant, elle enseigna à Lucrezia sa magie particulière en façonnant ses personnages préférés de romans.
Le moment venu, la grande fratrie fut introduite au sein de la société secrète de leurs parents : un culte apocryphe voué à Pharasma. Celle-ci porte l'étrange nom de Chèvre Noire, symbolique associée à l'emblème de la maison Văduva. Ici le talent n'était pas ce qui comptait le plus, mais la foi. Une foi très controversée cependant. Les préceptes de la Dame Grise n'étaient pas la philosophie de la secte, car le pouvoir de la vie et de la mort devait être perfectionné et pratiqué sans retenue. Pour ces cultistes, faire appel aux mort était un moyen de montrer leur bonne volonté à protéger les vivants. Lucrezia évolue dans une vision erronée du dogme pharasmite renforcé par son isolement sociale, ignorant que chaque sortilège lancé blasphémait la déesse qu'elle aime tant.
Elle qui avait trouvé une place dans ce monde, avec le sourire et la passion comme jamais auparavant, était de courte durée. Le rideau tomba et la vérité sur la secte se dévoila à la noble. Une oreille indiscrète entendit de la part d'autres cultistes la nature de leur dogme et la terreur s'empara de la jeune femme. Un dégoût profond pour son propre bonheur alors qu'elle bafouait tout respect pour les vivants et les morts. Lucrezia le vivait comme une trahison, une fracture douloureuse avec sa famille et sa confrérie.
Comment réparer sa conscience après tout ça ? Comment espérer le pardon ou la prière de la déesse après ses actes impies ? Où était sa place à présent ?
Le cœur brisé, Lucrezia prit la fuite. Elle vagabonda de pays en pays, de ville en ville, jusqu'à atteindre Absalom. La cité au centre du monde, promesse de seconde chance, même pour les âmes les plus noires, lui a-t-on dit. L'été déclinait, avec lui ses économies de sa fugue. Dernière option : le mercenariat. Ainsi la jeune femme, autrefois noble et artiste désormais déchue, allait mettre à disposition ses capacités au service d'autrui. Elle poussa les portes du refuge, dans le faible espoir de faire pénitence avant de rejoindre sa bien aimée Pharasma.
Personnages ayant partagé au moins une quête terminée avec Lucrezia Văduva.