Profil Joueur

Nysha & Orun

Apparence

Description physique générale

Nysha est une elfe d’environ un mètre soixante-dix. Elle arbore une peau bronzée typique des habitants du Katapesh, une chevelure courte décolorée par le soleil, des grands yeux sombres typiques des elfes cachés derrière une paire de lunettes épaisses et sombres. Elle porte des vêtements pratiques, entre la chemise blanche et le corset de cuir noir, serrés, qui épousent les formes de sa silhouette frêle. Une paire de boucles d’oreilles vertes pend à ses oreilles effilées. Une sacoche à sa hanche, quelques potions à portée de main, des bottes de cuir noir, des gants masquant des bandelettes, une cape de voyage noir et des outils pour soigner complètent sa tenue. 

Orun, quant à lui, est un massif humanoide dont tout le corps est enveloppé dans du cuir noir, à la manière de Nysha. Une lourde cape blanche trône sur ses épaules. Son faciès est un masque blanc aux traits immuables, avec deux orifices pour là où se trouveraient les yeux. Aucun morceau de peau n’est visible, et il n’y a aucun reflet dans les orbites du masque. 

Les deux arborent une rune sur leurs fronts respectifs. Cette rune disparait quand Orun n’est pas manifesté.

Personnalité

Caractère

Nysha est une elfe compatissante et douce, avec un caractère enjoué. Les traumatismes qu’elle a vécu l’ont profondément marquée, et elle a du mal à se tenir en présence des Kholos, par méfiance, même si ces derniers ont été acceptés dans la société de manière plus civilisée qu’avant. Plutôt sympathique, elle a tout de même tendance à sursauter lors de bruits trop forts. Observatrice et bonne vivante, l’elfe ne se rend pas compte de son âge par rapport aux races plus jeunes, et s’en fiche un peu, à vrai dire.

Orun, quant à lui, est plus silencieux, plus posé. Il ne s’exprime qu’en Aklo.

Histoire

Origine

Nysha naquit parmi les siens avec une douceur qui semblait presque déplacée pour une enfant elfe. 

Les sables du Katapesh sont difficiles à endurer pour une elfe, dont la constitution fragile était un défaut. Solku n’accueille qu’une petite communauté elfique, mais ceux-ci sont soudés. Ses parents l’ont toujours encouragée dans cette voie. 

 Là où beaucoup consacraient leur longue vie à la magie, à l’art, au commerce ou à l’étude des étoiles, elle préférait apprendre les gestes simples qui sauvent : réduire une fracture, recoudre une plaie, préparer une décoction contre la fièvre ou apaiser une douleur trop ancienne pour être nommée. Très tôt, elle choisit la médecine, persuadée qu’aucune existence n’était insignifiante. 

Les constantes intrusions des gnolls qui cherchaient des esclaves à revendre ou à grignoter l’encourageaient dans cette voie. Les Kholos attaquaient la ville, kidnappaient des gens, à les traîner en ricanant comme des hyènes. Les attaques avaient commencé plus d’un millénaire plus tôt. Mais Nysha ne savait pas qu’elle en verrait la fin.

Puis vint le jour où elle le rencontra. Un énième raid des kholos, un charnier aux portes de la ville. Des corps de gardes et de paladins gisant sur le sol comme des poupées inanimées. 

Le combat avait été d’une violence telle que même les vautours tardaient à descendre. Le sol était devenu une boue noire mêlée de pluie, de sable et de sang. Nysha avançait lentement parmi les cadavres, cherchant un souffle, un mouvement, un survivant oublié.

C’est alors qu’elle aperçut une silhouette.

Grande. Immobile. Drapée d’une cape pâle tachée de gris, le visage entièrement dissimulé derrière un masque d’un blanc irréel, un corps entièrement voilé d’un noir profond. Elle se tenait au milieu des morts comme si elle avait toujours appartenu à cet endroit, silencieuse, les mains cachées dans les plis de ses vêtements.

La silhouette la regardait.

Nysha sentit son cœur se serrer, mais son premier réflexe ne fut ni la peur ni la fuite. Elle s’approcha.

" Vous êtes blessé ? "

Aucune réponse. Elle fit encore quelques pas, jusqu’à distinguer les contours lisses du masque.

" Laissez-moi voir vos mains. Je peux vous aider. "

Le vent souffla entre les corps étendus.

Puis une voix répondit, calme, étrangère, comme si plusieurs voix parlaient à travers une seule. Grave, mais reposante.

" Je ne crois pas. "

Nysha cligna des yeux. Qui était cet homme ? Il ne semblait pas venir du coin, et elle ne l’avait jamais vu ici.

" Vous… ne croyez pas ? "

" Je ne connais pas cet état. "

Elle hésita, puis tendit la main comme elle l’aurait fait avec n’importe quel patient.

" Donnez-moi votre bras. Je vérifierai. "

L’être observa sa main avec une curiosité silencieuse. Il ne recula pas, mais ne s’avança pas davantage.

" Tu offres ton aide à ceux qui cherchent à te tuer. "

" J’offre mon aide à ceux qui souffrent. "

Un long silence suivit.

" Je vois. "

Et l’instant d’après, il n’était plus là. Nysha pensa avoir rêvé.

Pourtant, le lendemain, la silhouette était de nouveau présente.

Puis le jour suivant. Puis la semaine suivante.

Elle apparaissait toujours à une certaine distance, observant sans intervenir, debout parmi les ruines, les charniers ou les villages dévastés. Les soldats commencèrent à murmurer qu’un esprit suivait la guérisseuse. Certains prétendaient que la Mort elle-même veillait sur elle. 

Nysha, elle, refusait cette présence.

Elle lui ordonnait de partir, l’ignorait, changeait de route, courait pour le distancer. Rien n’y faisait. La silhouette revenait toujours, silencieuse, à quelques dizaines de pas derrière elle.

Elle finit par lui donner un nom.

Orun.

Les années passèrent. Puis les décennies. Puis un siècle entier.

Cent années durant lesquelles Orun parla rarement, mais fut toujours présent. 

Peu à peu, la crainte fit place à l’habitude. Puis à une forme de confiance.

Enfin, vint le siège de Solku en 4701.

Il commença avant l’aube.

Les premières cornes résonnèrent depuis les remparts, longues plaintes graves qui traversèrent la ville encore endormie. Puis vinrent les cris, les cloches des temples, les ordres hurlés dans les rues étroites. Nysha se réveilla en sursaut et, avant même d’avoir ouvert complètement les yeux, elle sut. Les kholos étaient revenus.

Mais cette fois, ce n’était pas un raid.

C’était une armée.

Depuis les murailles, on distinguait une masse mouvante qui avançait dans la lumière blafarde du matin, une marée de fourrure, de lances et de bannières déchirées. Les gnolls hurlaient comme des hyènes affamées, leurs rires se mêlant au fracas des tambours. Les défenseurs de Solku prirent position tandis que les portes étaient verrouillées dans un grondement de chaînes et de poutres.

Nysha n’eut pas le temps d’avoir peur. Les premiers blessés arrivèrent avant même que les murailles ne soient pleinement occupées.

Une flèche dans l’épaule.

Une mâchoire brisée.

Un enfant écrasé par la chute d’une pierre.

Elle travaillait déjà lorsque le premier bélier frappa les portes.

Le choc fit trembler le sol sous ses pieds.

Puis un second.

Puis un troisième.

Lorsque les portes cédèrent, le monde sembla se déchirer.

Les gnolls déferlèrent dans la ville comme une vague noire. Les paladins de Sarenrae s’élancèrent à leur rencontre, leurs armures d’or et de cuivre brillant sous les premiers rayons du soleil, leurs boucliers formant une ligne éclatante au milieu de la poussière. Derrière eux, les prêtres invoquaient la lumière de l’Aube, des gerbes de feu sacré s’abattant sur les premiers assaillants.

Le vacarme était total.

Le métal contre le métal.

Les hurlements des blessés.

Les prières.

Les rires des gnolls.

L’odeur du sang chaud se mêlait à celle du sable brûlant et de la fumée des maisons déjà en flammes.

Nysha restait immobile.

Ses mains refusaient de bouger.

Autour d’elle, les gens couraient dans toutes les directions, mais elle ne voyait plus que les corps qui tombaient.

Un paladin traversé de part en part par une lance.

Une femme traînée par les cheveux.

Un enfant qui appelait sa mère sans comprendre pourquoi elle ne répondait plus.

Orun était à ses côtés, silencieux comme toujours.

Sa main voilée se posa doucement sur son épaule.

« Ils ont besoin de toi, Nysha. »

La phrase traversa le vacarme comme une eau calme.

Alors elle respira.

Une fois.

Puis elle s’élança.

Elle courait d’un blessé à l’autre, glissant sur les pavés devenus rouges. Elle arrachait des morceaux de tissu pour improviser des bandages, cautérisait des plaies avec des outils chauffés à blanc, remettait des membres en place sous les cris de douleur. Chaque geste était automatique, appris des années plus tôt, répété des milliers de fois.

Un garde lui tomba littéralement dans les bras, l’abdomen ouvert.

Elle comprima la plaie de toutes ses forces.

« Tiens bon. Regarde-moi. Respire. »

Il mourut avant qu’elle ait terminé son nœud.

Elle passa au suivant.

Puis au suivant.

Puis encore au suivant.

Le temps cessa d’exister.

Elle ne savait plus si le soleil montait ou descendait. Ses mains étaient couvertes de sang jusqu’aux coudes, ses genoux meurtris à force de s’agenouiller, son dos brûlant d’épuisement. Plusieurs fois, elle sentit des lames passer si près d’elle qu’elles coupèrent les pans de sa cape. Plusieurs fois, des paladins la protégèrent de leur propre corps pendant qu’elle tentait de sauver un blessé. Orun la suivait comme son ombre, déviant les coups qui arrivaient pour elle. Chaque coup qu’Orun prenait faisait apparaitre une plaie sur la peau bronzée de la jeune elfe. 

À un moment, elle releva la tête.

Les défenseurs reculaient.

Les prêtres tombaient les uns après les autres.

Les derniers chevaliers de Sarenrae formaient un cercle autour des civils évacués, leurs boucliers brisés, leurs armures cabossées, leurs visages déjà résignés.

Ils chargèrent une dernière fois.

Une lumière aveuglante embrasa la rue.

Lorsque Nysha put de nouveau voir, les gnolls battaient en retraite.

Le silence qui suivit fut plus terrible que la bataille elle-même.

Il n’y avait plus de cris.

Seulement le crépitement des incendies et les gémissements des mourants.

Nysha marcha au milieu des corps des paladins.

Elle s’agenouilla auprès du premier.

Puis du second.

Puis du troisième.

Elle tentait encore d’arrêter des hémorragies qui n’avaient plus de cœur pour les alimenter. Elle appelait des noms auxquels personne ne répondait. Elle priait sans savoir à qui s’adresser. Ses doigts tremblaient tellement qu’elle ne parvenait plus à tenir une aiguille.

Aucun ne survécut.

Malgré ses efforts.

Malgré les heures passées à lutter contre l’inévitable.

Elle resta là jusqu’à ce que ses bras refusent de se lever.

Ce fut Orun qui la releva.

Sans un mot, il la prit dans ses bras comme on porte quelqu’un qui s’est entièrement vidé de lui-même et la ramena derrière les murs de Solku. Il la déposa doucement sur sa couche, rabattit une couverture sur ses épaules et demeura un instant près d’elle.

« Dors, Nysha. Tu as fait de ton mieux. »

Pour la première fois de sa vie, elle ne trouva rien à répondre.

Les premières semaines qui suivirent le siège furent les plus difficiles.

Nysha dormait peu.

Lorsqu'elle parvenait enfin à fermer les yeux, elle retrouvait Solku.

Pas la ville telle qu'elle avait été, mais celle qu'elle avait vue derrière ses murs ce jour-là. Les rues couvertes de sang. Les cris. Les armures de Sarenrae fracassées sous les coups. Les mains qui cherchaient les siennes, s'y accrochaient avec une force désespérée avant de retomber mollement.

Elle se réveillait souvent en sursaut, les doigts crispés autour de ses draps.

Pendant quelques secondes, elle ne savait jamais où elle se trouvait.

Sa chambre.

Solku.

Le champ de bataille.

Tout se mélangeait.

Il lui arrivait de croire entendre quelqu'un appeler à l'aide dans la rue. Elle se levait précipitamment, ouvrait sa porte et sortait pieds nus dans la nuit, son nécessaire de soin déjà entre les mains.

Il n'y avait personne. Seulement le silence. Et parfois le vent.

Alors elle restait là, immobile, jusqu'à comprendre qu'elle était chez elle.

Elle se remettait ensuite au travail. Parce qu'il fallait bien travailler. Parce qu'il fallait bien continuer.

Mais quelque chose avait changé.

Une simple coupure pouvait désormais lui faire trembler les mains.

Un enfant qui tombait et s'écorchait le genou suffisait parfois à lui nouer l'estomac. L'odeur du sang, autrefois familière, lui retournait désormais le ventre. Celle du cuir mouillé, de la boue ou du métal chauffé au soleil pouvait faire remonter en elle des souvenirs qu'elle aurait préféré oublier.

Elle avait appris à détourner les yeux.

Elle qui avait passé un siècle à regarder la mort en face.

La première fois qu'un patient mourut entre ses mains après le siège, Nysha resta plusieurs minutes incapable de bouger.

Ce n'était pourtant qu'un vieil homme.

Une maladie avancée.

Une mort paisible.

Il n'y avait ni cris, ni armes, ni gnolls.

Il n'y avait rien de comparable.

Et pourtant, lorsqu'elle sentit le dernier souffle quitter ses poumons, Nysha lâcha doucement sa main.

Ses doigts se mirent à trembler.

Elle recula.

Puis encore.

Jusqu'à heurter le mur derrière elle.

Orun la trouva ainsi.

Elle le regarda sans un mot.

« Je n'ai pas réussi. »

L'entité resta silencieuse.

« Il est mort. »

Toujours aucune réponse.

Nysha baissa les yeux vers ses mains.

« Je n'ai pas réussi à le sauver. »

Orun s'approcha.

« Nysha. »

« Je suis médecin. »

Sa voix se brisa.

« Je suis censée les sauver. »

Il ne répondit pas immédiatement.

Alors elle releva les yeux vers le masque blanc.

« À quoi bon apprendre à soigner les gens si je ne peux pas les empêcher de mourir ? »

Cette question resta sans réponse.

Parce qu'Orun savait qu'il n'existait aucune réponse qui puisse réparer cela.

Les années suivantes furent faites de petites victoires et de rechutes.

Nysha recommença à soigner. D'abord quelques patients. Puis davantage.

Elle reprit confiance dans ses mains, lentement. Elle pouvait de nouveau recoudre une plaie sans trembler. Elle pouvait sentir un pouls faible sans paniquer. Elle pouvait entendre quelqu'un crier sans immédiatement chercher d'où venait le danger.

Mais certaines choses ne disparurent jamais. 

Elle détestait les cris. Elle détestait les bruits de pas précipités derrière elle. Elle sursautait lorsqu'une porte claquait. Elle ne supportait plus qu'on lui attrape brusquement le bras.

Et lorsque la nuit tombait, elle vérifiait toujours deux fois les portes.

Puis trois.

Elle avait également pris l'habitude de compter.

Les bandages. Les fioles. Les aiguilles. Les personnes présentes dans une pièce. Les sorties.

Toujours les sorties.

Elle savait désormais où elles se trouvaient avant même de regarder les malades.

Lorsqu'elle entrait dans une taverne, elle choisissait une place dos au mur.

Lorsqu'elle traversait une rue, elle surveillait les toits.

Lorsqu'elle entendait un bruit dans son dos, elle se retournait immédiatement.

Elle regardait toujours derrière elle. Même lorsque personne ne la poursuivait.

Et lorsqu'elle croisait un groupe de gnolls sur une route, son corps réagissait avant son esprit.

Son souffle se coupait. Ses doigts se crispaient autour de sa sacoche. Ses oreilles se rabattaient légèrement. Et pendant quelques secondes, elle n'était plus une médecin.

Elle était de nouveau cette jeune elfe couverte de sang, courant entre les cadavres de Solku en essayant désespérément de trouver quelqu'un qui respirait encore.

Il fallut vingt-cinq années pour que ces réactions cessent d'être quotidiennes.

Vingt-cinq années avant qu'elle puisse entendre le mot « siège » sans avoir l'impression que son cœur se serrait.

Vingt-cinq années avant qu'elle puisse regarder une armure de paladin sans revoir celles qui étaient tombées devant elle.

Mais elle ne guérit jamais complètement. Peut-être parce qu'une partie d'elle ne voulait pas guérir.

Elle se souvenait de chacun d'eux. Elle se souvenait de leurs visages. De leurs voix. De leurs dernières paroles. Et surtout de ceux qu'elle n'avait pas pu sauver.

Alors Nysha continua de travailler.

Elle continuait parce que chaque vie sauvée était une manière de répondre à ceux qu'elle avait perdus.

Chaque plaie refermée était une petite victoire.

Chaque enfant qu'elle aidait à retrouver sa famille était une raison de croire que tout cela avait encore un sens.

Elle ne pouvait pas sauver les morts. Mais elle pouvait encore sauver les vivants.

Un soir, Orun rompit un silence de plusieurs années.

" Tu regardes toujours derrière toi. "

Nysha resta immobile.

" Les morts ne marcheront plus, Nysha. Toi, si. "

Elle tourna lentement la tête vers lui.

" Que me proposes-tu ? "

" Traverse la mer. Prends la route. Soigne ceux que tu rencontreras. Continue jusqu’à la cité au centre du monde. "

" Pourquoi ? "

Le masque blanc se leva vers les étoiles.

“ Parce que c’est là que nous devons aller.”

Elle ne lui demanda pas ce qu’il voulait dire. Elle ne voulait pas questionner son raisonnement. Orun avait été un pilier, un soutien immuable et silencieux. Alors elle lui faisait confiance. Ils embarquèrent quelques semaines plus tard.

Le voyage fut long. Ils traversèrent des ports inconnus, des plaines immenses, des montagnes où les vents semblaient parler des langues oubliées. Nysha soigna des pêcheurs, des marchands, des pèlerins, des enfants malades et des vieillards abandonnés. Souvent, elle payait son repas avec une potion, une suture ou un diagnostic. Peu à peu, le poids des souvenirs devint moins écrasant. La route n’effaçait pas les blessures, mais elle leur donnait un rythme supportable.

Finalement, après des mois de voyage, les murailles de la cité au centre du monde apparurent à l’horizon.

Ils franchirent les portes, émerveillés par l’immensité des rues, les langues venues des quatre coins du continent, les temples, les marchés et les tours qui semblaient toucher le ciel.

Nysha s’arrêta au milieu d’une place animée et contempla les foules qui se pressaient autour d’eux.

" Nous y sommes. "

Orun inclina légèrement la tête.

" Oui. "

Elle posa sa sacoche sur un banc de pierre et entreprit de faire l’inventaire de ce qui leur restait. Quelques herbes séchées, deux fioles d’antiseptique, un nécessaire de suture, une kit de voyage… et une bourse presque vide.

Nysha la retourna dans sa paume. Une seule pièce de cuivre tomba sur la pierre.

Elle resta silencieuse quelques instants, puis poussa un profond soupir.

" Orun… "

Le masque blanc se tourna vers elle.

" Nous avons enduré les raids incessants des kholos, traversé un océan, survécu à des monstres, à des brigands, vécu une centaine d’années … "

Elle leva la petite pièce entre deux doigts.

" …et nous n’avons absolument pas les moyens de repartir. "

L’entité demeura immobile, un moment, avant de se gratter le masque comme l’on se gratterait le menton.

" Est-ce une condition temporaire ? "

" J’espère bien. "

" Alors nous allons exercer la médecine. "

Nysha éclata de rire pour la première fois depuis des années, avant de prendre la direction du quartier des étrangers, là où, disait-on, on pouvait trouver du travail facilement. Sa peau basanée tranchait avec sa tignasse décolorée par le soleil, la grande silhouette d’Orun la suivant silencieusement, vers une nouvelle vie.

Card image
Race
Elf
Genre
F
Lieu de Naissance
Solku, Katapesh
Taille
169
Poids
48
Peau
Basanée
Cheveux
Blanchâtres
Yeux
Sombres