Varenji est un Tanuki un peu enrobé à la fourrure beige et marron foncé, il a des taches noires autour des yeux et une queue touffue, habillé d'une chemise à fleur et d'un short vert kaki.
des taches noires autour des yeux
Varenji est né dans les collines brumeuses au nord de Minkai, au cœur du Tian Xia.
Dès son plus jeune âge, il montra un talent particulier pour la magie, ainsi qu’un goût prononcé pour les tours naturels dont il se servait pour faire des farces.
Naturellement, ses parents l’inscrivirent à l’école de magie de Minkai afin d’y apprendre la magie primale.
Il y développa ses affinités avec les forces de la nature et se fit rapidement remarquer pour son inventivité… parfois mal placée. On raconte qu’il parvint à transformer de l’eau en saké, un exploit qui fut promptement interdit après le troisième incident.
Après plusieurs années d’apprentissage assidu (et quelques avertissements officiels), Varenji obtint enfin son diplôme.
La validation de sa formation ne fut pas marquée par un grand rituel mystique, mais par quelque chose de bien plus étudiant : une fête improvisée près des quais de Minkai.
Une petite auberge en bois, ouverte sur la mer.
Des lanternes accrochées aux poutres.
Des tables trop étroites pour le nombre d’invités.
Au début, tout resta raisonnable. Quelques toasts portés à la réussite du cercle. Des discussions passionnées sur les projets d’avenir, des serments solennels de rester en contact, des rêves prononcés avec un sérieux presque touchant.
Puis quelqu’un commanda une autre jarre de saké.
Et une autre.
Les conversations devinrent plus bruyantes, les rires plus francs, les ambitions plus extravagantes. On se leva pour porter des toasts inutiles. On grimpa sur les bancs. On parla trop fort. Varenji, grisé par la fin des études et la liberté nouvelle, ne refusa aucune coupe qu’on lui tendait.
À un moment, quelqu’un proposa d’aller prendre l’air sur les quais.
Ensuite… les souvenirs se brouillent.
Il se rappelle les lanternes du port reflétées sur l’eau noire.
Il se rappelle avoir chanté faux.
Il se rappelle une discussion animée avec un inconnu dont il ne distingue plus le visage.
Après cela, plus rien.
Un trou complet.
Quand il ouvrit les yeux, ce n’était plus le port de Minkai, mais un sol en bois tremblant sous lui, mêlé à l’odeur salée de la mer. Ses sens furent d’abord désorientés : le roulis constant du navire, le craquement des planches, le clapotis de l’eau contre la coque, et le goût amer du voyage sur sa langue.
À travers une écoutille, il aperçut l’horizon vide, des dizaines de milles d’eau sans aucune terre en vue. Le monde qu’il connaissait semblait s’être effacé derrière lui, remplacé par l’immensité du ciel et de l’océan.
Il rencontra rapidement l’équipage et le capitaine. L’homme, grand et robuste, marqué par le soleil et la mer, fut surpris de trouver un tanuki dans sa cale, mais il ne fit preuve d’aucune hostilité : la présence de Varenji représentait une main d’œuvre gratuite pour le long voyage. Le jeune tanuki s’expliqua tant bien que mal, sa voix encore pâteuse, le ventre gargouillant et la tête tournant légèrement, tandis que l’équipage l’observait, mi-amusé, mi-intrigué.
Il fallut un peu de temps pour trouver sa place sur le navire, mais bientôt un rôle clair se dessina. Pendant sept longs mois, Varenji se leva aux premières lueurs pour faire le guet, scrutant l’horizon pour prévenir de l’arrivée de tempêtes ou de vagues menaçantes. Il aidait à ranger les cargaisons dans les cales, solidifier les cordages et participer aux tâches quotidiennes qui maintenaient le navire en état de fonctionner. Lorsque des créatures marines approchaient ou que l’océan se déchaînait, il se révélait utile pour alerter les marins et prêter main-forte à ceux qui devaient affronter l’eau et le vent.
Sa récompense était simple mais suffisante : une portion de nourriture par repas, de l’eau pour se désaltérer et un verre d’alcool le soir pour oublier les maux de mer et les longues journées.
Au fil des semaines, Varenji s’acclimata au rythme monotone et brutal de la mer. Il apprit à anticiper les mouvements du navire, à comprendre les caprices des vents et des courants, et à se fier à ses sens pour deviner le temps à venir. Chaque jour renforçait son endurance et sa débrouillardise, et il se surprit à trouver une certaine satisfaction dans cette routine épuisante mais rassurante.
Enfin, après des semaines de houle, de vents contraires et d’horizons interminables, la silhouette d’une ville apparut à l’aube. Les quais, plus vastes et plus bruyants que tout ce qu’il avait connu, se dressaient devant lui. Absalom, la cité au centre du monde, s’étendait sur la mer comme un immense carrefour de peuples, de navires et de marchandises. Le voyage était terminé.
Varenji posa ses pattes sur le quai, secoua son pelage et contempla la ville. L’air était chargé d’odeurs inconnues, d’opportunités et de dangers. Il ne savait pas exactement ce qui l’attendait, mais pour la première fois depuis son départ de Minkai, il se sentit prêt à affronter le monde.
Il descendit du bateau avec pour seuls bagages ses vêtements froissés, une bourse dangereusement légère et un mal de crâne persistant.
Les premiers jours furent confus. Trop de monde. Trop de bruit.
C’est en errant dans un quartier animé qu’il aperçut une enseigne mentionnant la guilde de mercenaires Ravel. Le panneau promettait contrats, paie honnête et “opportunités pour talents variés”.
Cela sonnait presque respectable.
Varenji hésita. Il n’était qu’un jeune praticien de magie primale, fraîchement diplômé, sans expérience réelle du danger. Mais il avait proclamé être prêt pour le monde.
Le monde venait de répondre.
Il redressa les épaules, lissa son pelage du mieux possible et poussa la porte pour s’inscrire.
Ce n’était peut-être pas le plan qu’il avait imaginé en levant sa coupe à Minkai.
Mais c’était un début.