Profil Joueur

Xayacatl-Temoani

Apparence

Description physique générale

Xayacatl-Temoani (aussi appelée Xaya) est une strix de taille moyenne, à la peau d'ébène. Ses cheveux sont noirs de jais, arborant une unique mèche dorée, longs, descendant jusqu'au milieu de son dos. Des touffes de plume couleur sombre émergent de sa tignasse. Ses yeux sont dorés, dépourvus de pupilles, ses mains ornées d'ongles noirs.

De carrure plutôt frêle et maigrelette, elle porte des robes de mage de couleur majoritairement violettes, noires et blanches, ornées de quelques motifs et adaptées à sa taille et sa morphologie, ouvertes dans le dos pour laisser passer ses ailes.  

A sa ceinture, elle porte un livre relié de cuir tenu par une chaine. Pas d'arme, pas d'armure, elle ne semble pas être une combattante. Elle porte trois insignes sur elle: Celui de Ravel, un symbole de bois représentant des nuages et des éclairs, ceint par une cordelette de fibres végétales à son cou, et un dernier symbole qui ressemble à des ailes déployées faisant pleuvoir des étoiles, également en bois.

Histoire

Origine

Xayacatl-Temoani naquit au cœur de Xopatl, dans une petite communauté de Strix perchée à la canopée des arbres, lorsque la jeune nation commençait tout juste à ouvrir ses ailes vers un avenir prospère. Les villages grandissaient rapidement, les anciennes traditions se mêlaient aux ambitions nouvelles, et beaucoup rêvaient déjà de l’avenir glorieux que pourrait connaître l’Arcadie sous le regard des leurs. Motivés par les récits des Héros-Dieux des anciens temps, les enfants grandissaient.

Parmi les jeunes strix de sa génération, Xayacatl-Temoani se distingua très tôt par une curiosité presque maladive et un sérieux inhabituel pour son âge. Là où les autres enfants passaient leurs journées à s’entraîner au vol, à chasser dans la canopée ou à imiter les guerriers revenus des expéditions, elle préférait disparaître pendant des heures dans les lieux oubliés du village. On la retrouvait souvent perchée sous les toits des réserves, dans les salles d’archives ou auprès des voyageurs de passage, à écouter des récits venus de terres qu’elle ne verrait peut-être jamais.

Ses parents, tous deux guerriers, étaient partis en chasse alors qu’elle était encore très jeune. Ils ne revinrent jamais.

Avec le temps, leur absence devint moins une blessure qu’un vide silencieux auquel Xayacatl-Temoani finit par s’habituer. Les Rokoas locales la recueillirent comme une enfant laissée derrière par le destin, veillant sur elle sans jamais réellement savoir quoi faire de cette jeune strix trop calme, trop attentive, toujours perdue dans ses pensées.

Elle passait la plupart de son temps à étudier divers sujets, sous la coupelle de son maître. Sévère mais juste, il était le genre qui avait vu le monde de ses yeux, et parlait de ses expériences. Les matinées étaient des leçons, les après-midi des entraînements à la magie, et les soirées des contes qui l’émerveillait. C’était une élève studieuse, qui se tenait à l’écart des autres enfants, sauf deux d’entre eux: Hunahpu et Xibalanque.

Les jumeaux étaient déjà inséparables lorsqu’ils étaient enfants. Plus âgés qu’elle de deux années, ils incarnaient tout ce que Xayacatl-Temoani n’était pas. Ils la surnommèrent Xaya. Là où elle réfléchissait trop longtemps avant d’agir, eux se lançaient sans hésitation. Là où elle préférait les vieux récits et les symboles oubliés, ils vivaient pour l’entraînement, les expéditions et les histoires de chasse.

Pourtant, contre toute attente, ils s’attachèrent rapidement à elle.

Hunahpu était le plus bruyant des deux, toujours prêt à rire, provoquer ou entraîner les autres dans des idées douteuses. Xibalanque, plus discret, observait davantage qu’il ne parlait, avec une patience presque inquiétante parfois. Ensemble, ils formaient un équilibre étrange auquel Xaya finit par appartenir sans vraiment s’en rendre compte.

Ils venaient souvent la chercher lorsqu’elle s’isolait trop longtemps dans les archives ou auprès de son mentor. Hunahpu se moquait ouvertement de son obsession pour les vieux textes tandis que Xibalanque écoutait parfois ses explications avec une attention silencieuse qu’elle n’attendait pas de lui.

Avec eux, Xaya apprit peu à peu à exister en dehors des livres.

Ils furent les premiers à lui apprendre à chasser dans la jungle, à voler au-dessus de la canopée sans craindre les vents violents et à rire d’autre chose que des remarques acerbes de son vieux maître. En échange, elle leur racontait les histoires qu’elle découvrait dans les archives : les récits d’antiques royaumes, de monstres oubliés ou de civilisations disparues.

Les années passèrent ainsi, dans un équilibre fragile mais sincère.

Et même si Xaya ne l’aurait probablement jamais admis à voix haute, les jumeaux étaient devenus ce qui se rapprochait le plus d’une famille.

Pendant près de dix-sept années, elle étudia la magie avec une discipline inflexible. Chaque artefact oublié, chaque fragment de rituel, chaque récit d’entités venues d’au-delà des plans nourrissait sa fascination. Sous la guidance de son mentor, elle apprit à considérer la magie non comme une force brute, mais comme un langage ancien, fragmenté, dont les règles échappaient encore largement aux mortels. Il lui apprit d’autres langues, même celles de par delà la mer, pour qu’un jour, lorsqu’elle volerait de ses propres ailes, elle puisse communiquer.

Un jour, toutes ces histoires s’arrêtèrent.

Celui qui lui avait tout appris mourut. Il était déjà âgé lorsqu’il l’avait prise sous ses ailes, et son visage s’était flétri au fil des années, sans jamais perdre la vivacité de son esprit. Sa disparition fut silencieuse, presque naturelle, comme si le monde lui-même avait simplement décidé de refermer un livre trop longtemps ouvert.

Pour Xaya, cela ne changea rien immédiatement.

Le vide laissé par son mentor fut comblé, non par le deuil, mais par la continuité. Elle s’enfonça davantage encore dans les écrits, explorant les archives des grandes villes de la nation florissante de Xopatl avec une rigueur toujours plus froide. Elle se lança même dans le druidisme, inspirée par les récits des exploits primaux des Dieux-Héros.

Et pourtant, peu à peu, quelque chose commença à dérailler.

À mesure qu’elle tournait les pages de ces ouvrages anciens, un malaise diffus grandissait en elle. Les textes se contredisaient. Certains passages semblaient avoir été réécrits. D’autres avaient disparu avec une précision presque chirurgicale. Des noms revenaient sans cesse, mais toujours mutilés, incomplets, comme si quelqu’un s’était acharné à les effacer sans jamais oser les laisser totalement disparaître.

Xaya devint obsédée par ces absences.

Par ces blancs dans une histoire qui, autrefois, lui semblait d’une clarté absolue.

En fouillant parmi les effets personnels de son mentor, elle découvrit qu’il avait lui-même suivi cette piste pendant des années. Des notes codées, des fragments de traduction, des schémas incomplets couvraient ses carnets. Au milieu de ces pages se répétait sans cesse la mention d’un mot ancien de magie — quelque chose de plus profond qu’un simple sortilège, une tentative de comprendre le monde à travers les structures cachées du langage lui-même.

Mais aucune des clés laissées par son maître ne lui permettait encore d’en saisir le sens.

Selon ces écrits, certains mots n’étaient pas destinés à être prononcés.

Et si celui-ci en faisait partie… alors il devait exister une raison.

Dès lors, Xopatl lui sembla soudainement plus étroite.

Les bibliothèques qu’elle avait autrefois considérées comme infinies n’étaient plus qu’un point de départ. Pourtant, contrairement à ce que beaucoup auraient pu attendre, Xaya ne quitta pas immédiatement les siens. Les jumeaux étaient toujours là.

Hunahpu et Xibalanque avaient été les rares constantes de son enfance. Ceux qui la ramenaient des archives quand elle oubliait de manger, ceux qui riaient de son sérieux excessif sans jamais s’en moquer vraiment. Avec eux, le monde semblait un peu moins silencieux.

Mais même leur présence ne suffisait plus à dissiper ce sentiment grandissant d’étrangeté.

Xaya finit par emporter les carnets de son mentor, quelques reliques sans valeur apparente et une certitude désormais impossible à ignorer :quelqu’un, quelque part, cherchait encore à faire disparaître ce savoir.

Et si son maître avait passé sa vie entière à suivre ces traces sans jamais atteindre de réponse… alors Xaya ne pouvait plus se contenter de regarder.

Elle terminerait ce qu’il avait commencé.

Mais avant qu’elle ne puisse quitter Xopatl pour poursuivre ses propres recherches, le devoir la rappela à l’ordre.

Des chasseurs étaient revenus au village avec un objet inconnu : une étrange babiole aux formes grotesques, façonnée dans un matériau qu’aucun artisan ne parvenait à identifier. Les Rokoas décidèrent de l’envoyer loin, par delà la mer, à Absalom, à une Loge spécialisée dans les artefacts, afin qu’elle y soit étudiée. L’émissaire choisi fut Xayacatl-Temoani.

Les Rokoas ne confièrent pas la babiole au hasard des routes commerciales ni aux mains des marchands d’Absalom. Trop de choses avaient déjà mal tourné avec des objets “inconnus”. Celui-ci avait été enfermé dans un coffret de bois noirci, cerclé de bandes de cuivre gravées de prières locales, puis scellé par trois chamans du village.

Xayacatl-Temoani fut choisie non pas parce qu’elle était la plus forte, ni la plus savante, mais parce que rien, chez elle, ne vibrait de peur face à l’inconnu. Là où d’autres détournaient le regard, elle observait. Là où d’autres refusaient de regarder, elle comprenait.

Le voyage vers Absalom ne fut pas présenté comme une mission héroïque. On lui parla plutôt d’un “acheminement nécessaire”, comme si le monde lui-même avait besoin d’être corrigé par cette mise à distance. Comme si son village voulait la mettre à l’écart.

On lui remit l’objet sans cérémonie. Et pourtant, au moment où ses doigts effleurèrent le coffret, elle sentit quelque chose de très léger—comme un souffle qui n’appartenait à aucune respiration humaine. Une sensation de décalage, comme si la réalité autour de la babiole hésitait à rester cohérente.

Les anciens évitèrent de croiser son regard lorsqu’elle monta sur la pirogue longue qui la mènerait jusqu’aux ports du large. Certains murmuraient déjà que le choix était mauvais. D’autres disaient qu’il était trop tard pour douter. Les seuls qui l’étreignirent et lui souhaitèrent un bon voyage furent les jumeaux. Chaleureux, protecteurs, amis, grands frères.

Le fleuve qui la conduisait à la mer semblait plus silencieux que d’habitude.

Et la nuit précédant le départ, Xaya rêva.

Dans son rêve, elle n’était plus sur l’eau. Elle marchait dans un couloir fait de matières impossibles : pierre qui respirait, bois qui saignait de lumière, métal mou comme de la peau. Au bout du couloir, quelque chose l’attendait—non pas une créature, mais une intention. Une présence qui comprenait qu’on l’avait déplacée… et qui n’aimait pas cela.

Quand elle se réveilla, le coffret avait légèrement changé de position. Elle était en sueur, ses plumes vibraient de peur. Celle qu’on disait ne pas craindre l’inconnu, avait peur. Elle enfouit ses peurs dans son esprit, et se mit en route.

Le voyage vers Absalom dura plus longtemps que prévu.

Au début, la mer fut clémente. Les eaux semblaient même vouloir les accompagner, comme si elles reconnaissaient la charge silencieuse que portait Xayacatl-Temoani. Le coffret restait immobile, mais ce calme n’avait rien de rassurant : c’était un calme trop parfait, comme une respiration retenue.

Puis, à mesure qu’ils approchaient des routes maritimes fréquentées, le monde changea de texture. D’abord émerveillée par l’horizon devant elle, Xaya finit par comprendre que ce qu’elle voyait depuis la canopée des arbres de son village n’était qu’une infime partie du monde.

Les navires devinrent plus nombreux. Les voix plus lointaines, plus étrangères. Les langues se superposaient comme des couches de sel sur la peau. Xayal comprit vite que ce n’était pas la mer qui devenait bruyante… c’était le monde.

Parfois, la nuit, elle sentait le coffret “répondre” à ces présences. Une vibration infime, presque indiscernable, comme si l’objet écoutait tout ce qui passait autour de lui et retenait ce qu’il apprenait.

Personne d’autre ne semblait le percevoir. Ou alors ils faisaient semblant. 

Puis vint la côte. Et avec elle, Absalom.

Elle la vit d’abord comme une ligne impossible à l’horizon. Une accumulation de masses, de hauteurs et de lumière. Puis la ligne devint mur. Puis le mur devint ville.

Et enfin, la ville devint monde. Immense, grandiose et remplie. 

Et pourtant, ce n’était pas la taille qui la frappa le plus.

C’était le bruit.

Pas un bruit unique—une multitude : marteaux, prières, rires, cris, appels, chants, disputes. Des milliers de vies qui ne se synchronisaient jamais. Une respiration collective incohérente.

Le coffret, lui, semblait… attentif.

Comme s’il reconnaissait enfin un endroit digne de son attention.

Enfouissant le coffret sous ses plumes, la petite strix se mit en quête de la Loge des Eclaireurs.

Card image
Race
Strix
Genre
F
Lieu de Naissance
Non loin de Gujaraldi, Xopatl, Arcadie
Taille
157
Poids
41
Peau
Noire d'ébène
Cheveux
Noirs, avec une mèche dorée
Yeux
Dorés, sans pupille