Demi elfe de grande taille, rarement coiffée, des vêtements d'elfe rapiecé
Corps athlétique, tatouage au niveau des yeux, Daniela à un petit coté bête des bois
le tatouage couvrant ses yeux
Un arc Silvestre et une tenue elfique rapiécée
Renfermé et sauvage, mais loyal comme un animal dressé
Faire la fierté de sa famille
Daniela ne naquit pas entre quatre murs, mais sous une voûte de branches, là où la mousse amortit les cris et où la terre boit le sang sans juger.
Sa mère disait que, cette nuit-là, les bêtes s’étaient tues — comme si la forêt retenait son souffle.
Demi-elfe, née d’un sang mêlé, Daniela grandit dès le premier jour avec ce tiraillement propre aux créatures des lisières. Ni tout à fait du peuple des arbres, ni entièrement du monde des hommes.
On racontait qu’à peine capable de marcher, elle suivait déjà les animaux plus volontiers que les adultes, rampant derrière les traces, attentive aux odeurs, au vent, au moindre frémissement des fougères.
La forêt l’accepta vite.
Les gens, un peu moins.
Sa famille n’était ni nombreuse ni bruyante, mais soudée comme une meute prudente.
Ses parents étaient des survivants de l’Immenwood : pas des chefs, pas des sages renommés, mais des êtres solides, patients, qui connaissaient les règles non écrites du bois.
Son père lui apprit à ne pas tirer trop vite, à attendre que la proie se révèle d’elle-même.
Sa mère lui enseigna à lire les signes — les feuilles cassées, les silences trop propres, les peurs qui flottent avant même qu’un danger n’apparaisse.
S’il y eut des frères ou des sœurs, ils étaient plus calmes, plus ancrés.
Eux marchaient sur les sentiers.
Daniela, elle, tournait autour, toujours un pas de côté, comme une jeune bête incapable de rester au centre du cercle.
Ils l’aimaient.
Mais déjà, ils la regardaient avec une vigilance instinctive.
Dans l’Immenwood, Daniela ne marchait jamais vraiment sur les chemins.
Elle longeait les racines, frôlait les troncs, suivait les pistes que seuls les sabots, les griffes et les vents connaissent. Grande et longiligne, les cheveux rarement domptés, elle portait des vêtements elfiques rapiécés qui sentaient la mousse humide et la cendre froide.
On disait d’elle qu’elle avait le pas d’une bête qui réfléchit peu mais observe tout.
Son arc sylvestre était toujours à portée de main, comme une extension de son épaule, et son regard — avant même le tatouage — pesait déjà lourd.
Quand vint l’heure de l’initiation, la forêt se tut.
Les anciens tracèrent autour de ses yeux un cercle noir, épais, vivant, mêlé de suie, de sève et d’encres arcanes. Ce n’était pas un ornement, mais un harnais : une bride posée sur une vision trop vaste.
Le tatouage ouvrit quelque chose en elle.
Daniela ne voyait plus seulement la chair et l’écorce, mais aussi les odeurs de peur, les frissons invisibles, les pensées tapies comme des proies blessées.
Elle voyait ce que les autres cachaient sous la peau.
La bête en elle avait appris à regarder droit dans les fourrés.
La morsure ne fut ni de crocs ni de griffes.
Un soir, alors que les voix montaient dans la clairière familiale, la magie déborda.
Les peurs enfouies surgirent comme des bêtes traquées : doutes, craintes, visions que personne ne voulait voir.
Ses parents ne furent pas brisés dans leur chair…
mais reculèrent comme on recule devant un animal qu’on croyait apprivoisé.
Le silence qui suivit fut plus cruel qu’un cri.
Daniela comprit alors qu’une bête, même aimée, peut blesser sans le vouloir.
Dans la nature, quand une créature devient trop grande pour son territoire, on ne la tue pas.
On la pousse plus loin.
Sa famille ne parla ni d’exil ni de faute. Ils parlèrent d’apprentissage, de horizons plus vastes. La Guilde Ravel, à Absalom, fut nommée comme on désigne une terre inconnue où l’on apprend à survivre autrement.
Daniela quitta l’Immenwood avec son arc, sa tenue rapiécée, et un regard marqué à jamais.
Elle n’était plus seulement une fille de la forêt.
Elle devenait une prédatrice en migration.
Absalom n’avait pas d’écorce.
Pas de chant d’oiseaux, seulement des cris d’hommes, de bêtes domestiquées et de métal.
À la Guilde Ravel, Daniela apprit à chasser autrement :
sentir les intentions, viser à travers la peur, frapper sans se laisser déborder.
Sa magie, comme une bête blessée, résistait parfois — mais chaque combat lui apprenait à tenir la laisse sans briser le cou.
Elle restait sauvage.
Mais désormais, elle choisissait quand montrer les crocs.
Daniela n’a pas renié la forêt.
Elle la porte sous la peau, dans chaque respiration lente avant de tirer, dans chaque sort murmuré comme un grondement contenu.
Un jour, elle retournera peut-être dans l’Immenwood.
Non comme une bête dangereuse…
mais comme une chasseuse qui sait désormais où planter ses flèches, et quand détourner le regard.