Profil Joueur

Ràithe

Apparence

Description physique générale

Ràithe est une femme dans sa vingtaine, peut-être trentaine d’années. Sa peau est basanée, constellée de tâches de rousseur sur le visage. Sa tignasse tombe jusqu’à sa clavicule, d’une couleur roux sombre. Ses yeux sont vairons. l’un est couleur ambre, et l’autre rappelle la couleur d’une feuille au printemps, d’un vert éclatant. Elle porte une robe blanche sur laquelle repose une armure de cuir. Des bas noirs et des bottes de cuir couvrent ses jambes. Une cape verte, tenue par une broche de la même couleur, couvre ses épaules frêles. Un ruban de la même couleur décore sa chevelure. Dans l’intérieur de sa broche, elle transporte un portrait peint maladroitement, d’un homme à la barbe fournie, large et souriant, et porte une bague faite de vignes à son annulaire gauche, sous ses gants.

D’une carrure plutôt frêle malgré des formes généreuses, la femme avance de la démarche de quelqu’un qui n’est pas habituée à la ville. Elle regarde les bâtiments avec une certaine appréhension, et les gens avec un peu de crainte. Malgré tout, elle parle avec douceur et semble encline à découvrir le monde via l’aventure que propose la guilde.

Personnalité

Caractère

La femme est plutôt rêveuse et tête-en-l’air. Habituée à voir des phénomènes magiques, ceux de Lurkwood ayant bercé toute sa vie jusqu’à présent, elle s’étonne de voir des objets non magiques dans le quotidien, ou des arbres qui ne parlent pas.

Histoire

Origine

La forêt de Lurkwood n’est pas un lieu que l’on traverse par hasard. Elle observe, elle attend, et parfois… elle répond. La forêt change au gré de ses envies, vivante, respirant par chaque tronc et chaque feuille. Les saisons y sont mouvantes, jamais au bon endroit, ni au bon moment. N'importe qui y serait perdu, ses années volées ou retrouvées au gré des envies de la forêt enchantée.

Mais pas Raithe.

Elle-même ne sait pas comment elle s’est retrouvée là bas. Est-ce parce que sa mère a donné naissance à l’intérieur de la forêt enchantée ? Est-ce parce que ses parents l’y ont abandonnée, en espérant se débarrasser d’elle ? Son premier souvenir est la canopée instable, aux couleurs changeantes, le bruit du vent dans les feuilles de Lurkwood. Comme si la forêt même avait posé son regard sur elle, dès les premiers instants de sa vie. Comme si Lurkwood avait décidé que ce nourrisson à la touffe de cheveux roux serait épargné et vivrait en son sein. Comme si elle était la propre fi lle de cet endroit qui effraie le reste du monde.

Elle y mena une enfance douce, épargnée par les horreurs du monde. Les anomalies magiques qui troublaient la forêt ne l’effrayaient pas : elles l’enveloppaient, comme une respiration ancienne à laquelle elle appartenait sans le savoir, comme l’étreinte d’une mère, la protection d’un père. Elle avait le souvenir de toujours avoir vécu ici, dans cet endroit si étrange. Elle ne se souvient pas de ses parents mais Lurkwood a toujours veillé à ses moindres pas. Elle se souvient vaguement de son enfance, de jeux dans la forêt et de la découverte des plantes parfois si étranges, de murmures dans les feuilles, de chuchotements dans les bois, comme si Lurkwood même l'aidait à grandir.

Très tôt, elle se passionna pour les plantes. Leur pouvoir protecteur, médicinal, curatif. En l'absence de ses parents, les branches guidaient ses pas dès son plus jeune âge, lui permettant de survivre dans cet endroit qui engloutirait n'importe qui d'autre. Les racines murmuraient des chemins, les feuilles prévenaient des dangers de la forêt, la lueur de la lune entre les feuilles la berçait le soir, et la rosée lui chuchotait des histoires le matin. Elle trouvait toujours de quoi se nourrir. Des baies, des racines, des petites choses végétales à grignoter, à son réveil. Comme si la forêt même veillait à ce qu’elle mange à sa faim.

Elle aimait à se promener dans la forêt pour découvrir des choses. Une simple tunique de fi bres végétales tressées sur le dos, des petites bottes offertes par l’un des voyageurs rencontrés, et une cordelette de feuilles tressées en guise de ceinture.

C’était un spectacle étrange. Une enfant, de quelques années à peine, qui voyageait avec innocence dans cette forêt réputée si dangereuse et si imprévisible. Et pourtant, jamais elle n'a eu de problème à se promener, avec l’air des enfants qui découvrent le monde. Si elle se mettait en danger, la forêt réagissait en la mettant en sécurité. Il n’y avait nul besoin de mots, pour communiquer. Une racine en travers du chemin signifi ait qu’elle ne devait pas y aller. Un passage inexpliqué signifi ait qu’elle pouvait passer. La communication était naturelle. Instinctive.

Parfois, elle croisait des voyageurs. Des elfes. Des hommes. Des fées. Elle ne s’attardait pas trop à leur parler, mais leur proposait volontiers de les guider vers la sortie. Mais jamais, ô grand jamais, ne sortait-elle de la forêt elle-même. Elle refusait toujours quand les gens lui demandaient si elle voulait les accompagner. Elle se sentait bien ici. C’était chez elle.

Elle s'amusait à laisser des petites bourses de feuilles tressées, remplies de brindilles, de cailloux et de petits objets qu'elle trouvait, suspendues aux arbres comme des protections. Des petits souvenirs d'un jour heureux sous les feuilles d'automne, un peu de neige et quelques baies sous les branches mortes de l'hiver, des galets lisses et des fl eurs jaunes a l'ombre de l'été ou bien du muguet frais et des anneau de ronces pour le printemps. Sans aucune logique autre que celle d’une jeune femme qui souhaitait laisser un petit quelque chose sur son chemin.

Des petits cadeaux pour les voyageurs égarés. Un simple souvenir heureux pour elle. Une empreinte éternelle pour Lurkwood.

Le temps est passé si vite.

Un jour, un aventurier s’était perdu dans la forêt. Lors d'une de ses nombreuses balades, elle l'avait trouvé, blessé, gisant au sol, le corps meurtri. C'était un homme aux cheveux sombres, avec une petite barbe, des muscles robustes, et une armure de cuir lourd entachée de sang. Il allait mourir, si elle le laissait là. Ellle l’avait recueillie, avait pansé ses plaies, et l’avait nourri. A son réveil, il s'était d'abord méfi é. Que faisait une petite femme seule dans cette forêt qui lui avait joué de si mauvais tours ? A force de bonnes intentions, ils sont parvenus à se faire confiance.

Il s'appelait Andreas, et venait de la ville. Un gouverneur quelconque lui avait ordonné de venir dans Lurkwood pour ramasser quelque plante dont il ignorait tout. Une plante que Raithe savait être parfaitement inexistante. En apprenant cela, Andreas s'était offusqué, refusant la vérité sur la plante fantasque. Elle se proposa de le guider dans Lurkwood, jusqu'à ce qu'il se rende compte que la plante en question n'était qu'une invention. Une illusion de mission, pour se débarrasser de lui, en espérant que la forêt réputée maudite ait raison de lui. Il était effondré, abattu. Raithe n’avait que très peu cotoyé les hommes et leurs manières. Mais elle savait reconnaître un coeur perdu.

Raithe lui proposa de rester ici. La vie était paisible, dans le coeur de Lurkwood, si l'on savait à quoi s'attendre.

Il accepta.

Andreas mit même la main à la pâte pour agrandir la petite maison. Il était solide, robuste, capable, travailleur, et ne rechignait jamais à la tâche. Il prenait à coeur de protéger Raithe lors de ses sorties cueillette, bien qu'elle ne risquait absolument rien. Il s'émerveillait de ses connaissances en plantes et herbes, ses histoires sur les bêtes et les esprits locaux.

Il avait conservé son épée, et son armure, prêt à protéger la petite femme rousse. Il faisait très attention. Bien plus grand qu’elle, il prenait bien garde à ne pas la blesser avec ses mains larges, caleuses. Des mains d’aventurier.

Son physique brutal contrastait avec la douceur dont il pouvait faire preuve. D’un tempérament bienveillant et protecteur, il lui arrivait de faire fuir les bêtes sauvages, ou de combattre vaillamment les créatures maudites qui pourraient traîner dans les bois.

Il riait quand elle venait lui couper la moustache et la barbe. Il souriait en ramassant les champignons. Il faisait attention à ne pas toucher les plantes dont ils n’avaient pas besoin. Il remerciait la forêt, comme l’on remercie un grand-parent bienveillant. Il aimait rester éveillé la nuit, observant avec émerveillement Lurkwood et ses phénomènes magiques. Il aimait à récolter un peu de bois pour le feu, et aidait volontiers Ràithe à préparer des repas.

Il prenait ses conseils très au sérieux. Il lui apprit à développer la langue commune, afi n de faciliter leur communication, à elle qui ne communiquait presque que par des signes, des expressions, ou des langues étranges qu’il peinait à comprendre. En échange, elle lui apprit la langue des elfes, ces voyageurs éternels, et celui des fées, farceuses éthérées.

Le temps avait passé, et l’amitié avait laissé place à l’amour.

Ils s’étaient mariés, avec la bénédiction des esprits de la forêt, avec l’approbation de la nature-même. Elle lui transmit son savoir, ses connaissances sur les plantes et la nature.. La forêt vivait à leur rythme, les phénomènes magiques évitant soigneusement le petit coin qu’ils avaient choisi pour vivre.… sauf pour les feuilles d'automne, qu'elle aimait tant.

Herboristes discrets, ils vivaient d’un savoir transmis par la forêt elle-même. Leur amour était simple, enraciné, et la forêt semblait prospérer autour d’eux. Chaque fois qu’ils accomplissaient ensemble la moindre chose, les feuilles dansaient joyeusement autour d’elle, comme pour approuver leur vie simple, remplie d’amour et de nature.

Puis vint le sang.

Des intrus profanèrent leur refuge. Alors qu'elle était occupée à arranger des bouquets d'herbes aux doux arômes, elle entendit des cris, des bruits, le fracas de l'acier contre la chair, le hurlement d'Andreas. Lorsqu'elle sortit la tête de la hutte pour voir ce qu'il se passait, c'est un spectacle d'horreur qui s'étendait devant elle. La silhouette de son mari, mutilé avec une violence inouïe, son corps abandonné sur une terre qu’il avait toujours respectée, malgré qu’il n’en venait pas.

À cet instant, quelque chose céda — non seulement en elle, mais dans Lurkwood tout entière. Sa douleur devint un cri, et la forêt répondit comme si elle l’attendait.

Elle sentit une chaleur intense l’envahir, la forêt répondant à ses pleurs, à ses hurlements de désespoir. Son corps entier était en feu, séchant les larmes dès qu’elles sortaient de ses yeux, et la paume de ses mains la brûlait si fort qu’elle en avait mal. Son coeur était serré, si serré qu’elle avait l’impression que sa poitrine allait exploser.

L’eau jaillit et engloutit, les lianes se muèrent en chaînes vivantes, le vent hurlant fracassa les chairs. Les assaillants furent chassés, broyés ou engloutis. Elle cria à s’en faire mal à la gorge, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus capable de crier sa douleur. Dans sa tête se mêlaient haine, rancoeur, colère, violence. Des choses qu'elle navait jamais ressenti auparavant. Et la nature… la nature répondit, voilant ses yeux comme le linceul de deuil. Puis le noir. L’inconscience. Le froid.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, la forêt était silencieuse… mais elle l’écoutait. Les corps des assaillants gisaient sur le sol, aussi éparpillés que les feuilles d’un arbre mort.

Elle ramassa ce qu’elle put. Creusa une tombe à s’en faire saigner les mains. Pleura d’autant plus quand elle déposa le corps de son bien-aimé sur la terre meuble, fraîche. Manqua de s’évanouir plusieurs fois en recouvrant le corps d’Andreas de terre. Finit par s’assoupir devant la tombe, après avoir planté la fl eur que préférait son amour à l’endroit où il reposait désormais pour toujours.

Elle avait laissé les bandits pourrir, se faire engloutir et broyer par les racines. Pas la moindre once de remords ou de tristesse pour eux. Ils n’avaient eu que ce qu’ils méritaient, après tout.

Depuis ce jour, son deuil est une plaie ouverte que la nature nourrit et amplifi e. Chaque élément qu’elle apprend à maîtriser est un écho de cette nuit. Elle ne commande pas la nature : elle prolonge la volonté de Lurkwood, qui s’exprime à travers sa peine. Ses pouvoirs s’intensifi ent lorsqu’elle se souvient, lorsqu’elle souffre, lorsqu’elle refuse d’oublier.

Incapable de rester là où son amour est tombé, elle quitta la forêt, hantée par des rêves où les arbres murmurent des noms et des directions. Désormais détentrice de pouvoirs qu'elle ne comprenait pas bien, elle cherchait à comprendre pourquoi. Pourquoi son mari, pourquoi ces pouvoirs ? Aucun des érudits qu'elle rencontra ne fut en mesure de lui expliquer. Personne ne put lui dire quel était le lien entre la mort de son bien aimé et l'apparition de ces pouvoirs.

Elle avait peur de quitter la forêt. Cet endroit qui l’avait toujours protégée. Son coeur se serra à l’orée de la forêt, et elle posa sa main, une dernière fois, sur l’écorce, le bois. Dans son esprit, la tranquillité qu’elle éprouvait autrefois avait laissé place à la terreur. Qu’est-ce qui l'attendait dans ce vaste monde, elle qui n’avait toujours connu que sa forêt. D’ailleurs, combien de temps y avait-elle vécu ?

“J’ai si peur. Mais je ne peux pas rester ici.”

Seuls des murmures lui parvenaient de temps à autre. Était-ce Lurkwood qui guidait ses pas ? Ou bien le son de sa propre tristesse ? C’est en regardant derrière elle une dernière fois, emplie de tristesse et de désespoir, qu’elle fi t marche vers le sud. Les jours de marche furent longs. Solitaires. Froids.

Lorsqu’elle aperçut la civilisation pour la première fois de sa vie, elle se demandait comment l’aborder. Devait-elle mentionner ses pouvoirs nouvellement acquis, ou bien les taire ?

Ràithe entra dans la ville, appréhendant les bâtiments, les gens, du regard. Son visage trahissait ses sentiments et son incompréhension vis à vis de cette ville. Elle entra dans le premier bâtiment qui lui semblait ouvert au public, pour demander son chemin. L’aubergiste fut assez gentil pour lui indiquer où elle était, et lui donner quelques conseils de vie en ville. Lorsqu’elle exprima le désir de rencontrer un érudit, il lui conseilla de trouver un vieillard qui vivait aux abords de la ville.

Elle s’y dirigea, le pas pressé. Plus vite elle saurait pourquoi elle avait des pouvoirs, plus vite elle pourrait retourner à sa forêt chérie. Lorsqu’elle toqua à la porte de chez cet érudit, son coeur battait la chamade. Elle avait peur. Très peur.

L’érudit s’avéra être un papy grincheux qui était fort intéressé par ses pouvoirs. Il lui expliqua qu’elle avait établi un lien avec la nature même. Qu’elle était devenue un conduit pour les éléments sous leur forme la plus pure. Mais il ne parvenait pas à déterminer le pourquoi du comment. Pourquoi avait-elle des pouvoirs et pourquoi s’était-ils déclenchés à ce moment-là ? Il n’en n’avait aucune idée.

Il lui conseilla de rejoindre le prochain navire pour Absalom. Suivant son conseil, elle dépensa ses petites économies pour acheter une place sur le prochain bateau qui partirait pour la ville au centre du monde.

Lorsqu’elle débarqua à Absalom - là où convergent secrets, coupables et vérités interdites, elle se sentit perdue.. Là où, disait-on, là où tout savoir se trouverait. Elle n’avait plus d’argent. Et savoir ce qui lui était arrivé pourrait coûter cher. Peut-être trouverait-elle ici quelqu'un qui pourrait le lui dire. L'aider à comprendre.

C’est avec une certaine tristesse dans le coeur, et de l’incompréhension dans l’esprit, qu’elle poussa les portes de la guilde de Ravel, renseignée par un garde de la ville un cercle de mercenaires réputé pour aider son prochain.

Raithe ne sait pas encore si Lurkwood l’a bénie… ou marquée à jamais.

Card image
Race
Human
Genre
F
Lieu de Naissance
Lurkwood
Taille
159
Poids
65
Peau
Basanée
Cheveux
Roux
Yeux
Vairons