Sa haute stature était celle d’un guerrier façonné par la patience et l’épreuve, non par la brutalité aveugle : une carrure puissante, aux muscles longs et secs, tendus sous une peau d’écailles finement agencées comme une armure née de la terre elle-même.
Ses écailles, innombrables et subtilement variées, portaient les teintes assourdies des marais primordiaux et des métaux anciens : verts profonds, bruns assombris, rehaussés çà et là de reflets de bronze terni et de bleu-vert, comme si la lumière s’y était déposée au fil des siècles. Elles captaient l’éclat du jour sans jamais le trahir, et semblaient raconter, par leur patine, le lent passage du temps et des rituels.
Son visage reptilien était grave et mesuré, sculpté par la discipline plus que par l’âge. Les yeux, d’un or sombre et attentif, ne brûlaient ni de colère ni d’orgueil ; ils observaient le monde avec une vigilance tranquille, pareille à celle d’un gardien veillant sur un seuil sacré. Une couronne d’épines écailleuses descendait le long de son crâne et de sa nuque, non comme une menace, mais comme un rappel silencieux de sa nature indomptée.
Il était vêtu de la robe sobre des moines, faite de tissus usés par l’entraînement et la prière. Les étoffes, d’ivoire pâle, d'un bleu/vert profond et de bronze, épousaient son corps sans l’entraver, flottant légèrement à chacun de ses mouvements mesurés. Là où la robe se croisait sur sa poitrine, on distinguait le symbole ancien de Gaasham : un ovale de bronze oxydé, patiné par le temps, semblable à une relique arrachée aux ruines d’un temple oublié, porteur d’une foi plus vieille que bien des serments.
Symbole sacré de Gaasham.
Solides écailles.
Habits simples de moine/explorateur.
Sac à dos.
Bouclier.
Il n'est pas hostile, se montre même curieux de connaitre les gens dans son entourage. Il n'a pas vraiment d'amis, ne s'étant jamais vraiment retrouvé dans une situation stable (le monastère n'étant pas l'endroit idéal pour développer des relations). Bien qu'il se concentre principalement sur les personnes méritant la peine capitale, il reste rigide sur l'application des règlements.
Il prend plaisir à analyser son environnement, noter lorsque des personnes font quelque chose qui mériterait d'être puni. S'il ne peut s'en charger lui-même, il prendra tout de même le temps d'en faire le rapport lors de sa prochaine prière.
Il méprise les faux-semblants, les paladins qui invoquent la lumière pour justifier tout et n'importe quoi, les juges qui confondent clémence et faiblesse. Pour lui, la justice n’est pas une promesse de bonté. C’est une structure fragile qui ne tient debout que si quelqu’un accepte d’en porter le poids.
Rendre la justice. Punir les gens qui pourraient s'y soustraire.
Dompter son sang draconique.
Perfectionner son entrainement.
Enfin prendre du temps pour lui et se créer une situation stable.
Tal’Zekath naquit dans une communauté de lizardfolk comme il en existe tant sur Golarion, au bord d’eaux tièdes et couvertes de brume, là où la vie se mesure en saisons humides, en proies patientées et en feux entretenus contre la nuit. Rien, à première vue, ne le distinguait des autres nouveau-nés. Il apprit à marcher dans la boue, à pêcher au harpon et à se taire quand le vent changeait, comme tous les siens.
Pourtant, en grandissant, quelque chose sonnait autrement en lui. Sa force venait plus vite que celle des autres, son souffle durait plus longtemps, et il supportait la chaleur, la fatigue et les coups avec une endurance presque déraisonnable. Les anciens disaient qu’il portait le sang des dragons, une trace ancienne et rare, héritée d’un temps où ces créatures marchaient plus souvent parmi les peuples mortels. Ce n’était pas un don spectaculaire, ni une malédiction ; plutôt une pression constante, comme une marée intérieure qui ne se retirait jamais complètement.
Tal’Zekath passa longtemps à lutter contre cette puissance. Il frappait trop fort, se mettait trop souvent en danger, et il lui arrivait de se perdre dans la colère ou l’excès. Il ne voulait pas dominer les siens, ni devenir un chef par la peur. Il voulait comprendre ce qu’il était censé faire de cette force.
C’est lors d’un ancien pèlerinage de chasse, près de ruines à demi englouties, qu’il trouva une réponse inattendue. Gravé dans la pierre, presque effacé, se trouvait le symbole d’un dieu oublié : Gaasham. Les récits qui l’accompagnaient parlaient d’un dieu ancien, vénéré par les dragons et certaines civilisations disparues, non comme un maître exigeant des prières, mais comme une idée vivante : celle de se dépasser, de créer quelque chose qui durerait malgré l’échec, le temps ou la mort.
Cette vision frappa Tal’Zekath avec une clarté rare. Gaasham ne promettait ni protection ni récompense. Il demandait seulement que l’on fasse de son potentiel quelque chose de réel. Cela lui parut profondément juste.
Il quitta sa communauté sans drame, avec la bénédiction silencieuse des siens, et chercha un lieu où apprendre à se maîtriser. Il trouva finalement un monastère austère, loin des routes fréquentées, où l’on enseignait que le corps était un outil à accorder, non une arme à déchaîner. Là, Tal’Zekath apprit la patience, la respiration, et la discipline. Il découvrit la posture du dragon, une forme martiale qui ne cherchait pas à imiter la fureur des dragons, mais leur assurance tranquille, leur équilibre entre immobilité et violence soudaine.
Avec le temps, il devint un moine respecté, non pour sa sagesse éclatante, mais pour sa constance. Tal’Zekath n’était pas bavard. Il observait beaucoup, agissait avec soin, et possédait un humour sec, parfois surprenant, surtout lorsqu’il voyait les autres se prendre trop au sérieux. Il croyait fermement que l’échec était une étape nécessaire, et que reculer n’était honteux que si l’on refusait d’avancer de nouveau.
Quand il sentit qu’il n’avait plus rien à apprendre entre ces murs, Tal’Zekath prit la route d’Absalom, la Ville au Centre du Monde. Non par soif de gloire, mais parce que c’était là que se croisaient les ambitions, les dangers et les œuvres durables. Rejoindre une guilde d’aventuriers lui parut naturel : un endroit où ses poings, sa discipline et sa foi en la persévérance pourraient servir à quelque chose de plus grand que lui.