Dévore-le-Mana est un grand individu entièrement drapé dans des tissus sombres. Pas d'armure visible, quatre bras musculeux recouverts par des vetements sombres. D'une stature lourde et imposante, iel se trimballe une épée qui semble bien lourde. Des sortes d'antenne dépassent des tissus qui recouvrent sa face.
Dévore-le-Mana est un individu taciturne, peu à l'aise avec les créatures de la surface, mais qui fait de son mieux pour s'adapter. D'un naturel placide malgré son imposante stature, iel semble curieux de tout ce qui se passe. Bien que son physique particulier puisse ne pas passer inaperçu, iel fait de son mieux pour s'intégrer à la société humaine.
Dès son stade de larve, Dévore-le-mana se distingua des autres Surkis par un appétit inhabituel pour la magie arcanique. Là où ses semblables se contentaient de ce qui leur était accessible, iel semblait irrésistiblement attiré par les résidus magiques, les cristaux imprégnés d'énergie et les lieux où le voile entre le monde et ses forces invisibles paraissait plus mince. Iel en absorba des quantités considérables, sans réellement comprendre ce qui l'attirait autant vers cette énergie.
Cette particularité eut des conséquences inattendues sur son développement. Au fil de sa croissance, sa carapace devint particulièrement dense et résistante, plus dure que celle de la plupart des membres de sa colonie. Ce qui aurait pu n'être qu'une curiosité finit par faire de lui un individu précieux pour sa tribu. Sa robustesse, associée à une volonté tenace, le destinait naturellement à une fonction que peu pouvaient assumer : protéger les siens.
Dévore-le-mana embrassa donc la voie du guerrier. Iel apprit à se battre, à tenir sa position lorsque les autres reculaient et à reconnaître les dangers qui menaçaient sa communauté. Sa force ne reposait pas uniquement sur sa carapace : iel apprit aussi la patience, la discipline et l'importance de ne jamais abandonner un membre de son groupe. Une grande épée à deux mains devint son arme de prédilection, une lame imposante dont le maniement exigeait autant de maîtrise que de détermination.
Avec le temps, iel prit part aux chasses organisées par sa colonie. Ces expéditions permettaient de rapporter nourriture et ressources, mais elles exposaient également les Surkis aux créatures des profondeurs et aux dangers des territoires voisins. Dévore-le-mana y trouva sa place. Iel protégeait les membres les plus vulnérables, ouvrait le passage lorsque le danger se présentait et veillait à ce que chacun puisse rentrer. Au fil des années, cette responsabilité devint bien plus qu'une fonction : c'était une part essentielle de son identité.
Deux autres Surkis l'accompagnaient régulièrement lors de ces expéditions., Chasse-les-cristaux et Murmure-la-vie. Chasse-les-Cristaux était un surki plus fin, plus agile, plus rapide, maniant deux lames et un arc avec dextérité. Murmure-la-Vie était très frêle, presque fragile, mais était capable de manier des sortilèges primaux que Dévore-le-Mana ne comprenait pas. Frères d'armes, compagnons de chasse et partenaires face au danger, ils avaient appris à se fier les uns aux autres. Leurs différences importaient peu face aux épreuves qu'ils traversaient ensemble. Pour Dévore-le-mana, ils représentaient une présence familière, un lien avec la colonie et la certitude que, quels que soient les dangers rencontrés, iel ne les affronterait jamais seul.
Au fur et à mesure des années, sa solide constitution fit de Dévore-le-Mana un spécimen tout indiqué pour devenir l'hôte d'un ostili, une créature mi-végétale, mi-animale que l'on greffe à ceux qui en sont dignes... ou qui en ont besoin. Dévore-le-Mana revint un jour de chasse avec l'un de ses bras gravement endommagé, les nodes qui le parcouraient devenus ternes, parfois absents. Ses deux compagnons notifièrent les anciens de ce qu'il s'était passé. Un acte de courage de la part de Dévore-le-Mana, qui avait interposé son bras solide pour empêcher Murmure-la-Vie d'encaisser un coup qui l'aurait tué sur le coup. Alors on lui greffa un ostili. Un parasite d'or, de racines et de chair, qui remplaça les nodes endommagés. Sa convalescence fut longue. Mais lorsque son bras blessé bougea à nouveau, il se sentit revivre. Deux semaines plus tard, et il repartait en chasse, comme d'habitude, avec ses frères de couvées.
Puis vint cette chasse dont rien ne laissait présager qu'elle bouleverserait leur existence.
L'expédition avait suivi son cours habituel. Les trois Surkis avaient quitté leur colonie pour accomplir leur tâche et, après avoir affronté les dangers de leur territoire, ils reprirent le chemin du retour. Mais, à mesure qu'ils approchaient de leur foyer, quelque chose leur parut anormal. Les repères familiers semblaient altérés. Les bruits habituels de la colonie avaient disparu. Même les galeries qu'ils connaissaient depuis toujours leur paraissaient étrangement silencieuses.
Lorsqu'ils atteignirent enfin leur demeure, ils découvrirent une colonie dévastée.
Les galeries étaient effondrées, des passages entiers avaient été éventrés et les lieux où résonnaient autrefois les mouvements de leur peuple n'abritaient plus que le silence. Tout ce qui avait constitué leur quotidien, leurs habitudes et leurs repères semblait avoir été balayé. Il ne restait aucune explication évidente, aucun responsable à désigner, aucune réponse permettant de comprendre ce qui avait pu causer une telle destruction.
Dévore-le-mana, qui avait passé une grande partie de son existence à protéger cet endroit, se retrouva impuissant devant ses ruines. Sa carapace pouvait encaisser les coups, sa lame pouvait abattre des adversaires, mais aucune de ces forces ne pouvait réparer ce qui avait été perdu. Pour la première fois depuis qu'iel était devenu guerrier, il n'y avait personne à défendre et aucun ennemi à affronter.
Les trois compagnons cherchèrent des survivants et tentèrent de comprendre ce qui s'était produit. Mais les ruines ne livraient que des indices fragmentaires, trop confus pour reconstituer les événements. Ils ne pouvaient pas rester éternellement dans les décombres, et l'idée qu'une autre colonie puisse subir le même sort ne quittait plus l'esprit de Dévore-le-mana.
C'est alors qu'iel prit une décision difficile : se rendre à la surface pour chercher de l'aide. Le monde extérieur lui était entièrement inconnu. Ses habitants, leurs coutumes et leurs manières de vivre ne ressemblaient en rien à ce qu'iel avait connu. Pourtant, les profondeurs ne lui offriraient aucune réponse si personne ne pouvait l'aider à comprendre ce qui s'y était passé.
Le premier contact avec les habitants de la surface fut loin d'être simple. Les paysans qu'iel rencontra virent d'abord une silhouette étrangère, insectoïde, à la carapace épaisse et armée d'une grande lame. Ils ne savaient rien de son peuple, de ses intentions ni des raisons qui l'avaient conduit jusqu'à eux. Leur peur était compréhensible, et Dévore-le-mana aurait pu tenter de s'imposer par la force ou de les intimider pour obtenir ce qu'iel voulait.
Iel choisit pourtant une autre voie.
Avec patience, en gardant son arme à distance et en expliquant sa situation aussi clairement que possible, Dévore-le-mana leur fit comprendre qu'iel ne venait pas chercher querelle. Iel leur parla de sa colonie, de la destruction qu'iel avait découverte et de son besoin de trouver des personnes capables de l'aider. Derrière son apparence intimidante se trouvait un guerrier qui avait perdu son foyer et qui cherchait simplement à comprendre pourquoi.
Peu à peu, la méfiance des paysans s'atténua. Ils ne possédaient ni les connaissances ni les moyens nécessaires pour résoudre un tel mystère, mais ils connaissaient un endroit où Dévore-le-mana pourrait trouver de l'aide : la guilde de Ravel. Ce lieu accueillait des mercenaires et des aventuriers habitués aux missions dangereuses, aux territoires inconnus et aux affaires que les gens ordinaires préféraient éviter. Certains de ses membres disposaient peut-être des compétences, des contacts ou des connaissances nécessaires pour enquêter sur la catastrophe.On lui conseilla également de masquer son corps, qui pouvait impressionner, ou pire, effrayer les humains. Alors il couvrit sa carapace, dont il était si fier, de tissus sombres.
Pour Dévore-le-mana, cette indication représentait la première véritable piste depuis son retour à la colonie. Iel ignorait ce qui l'attendait à la guilde, et rien ne garantissait que ses membres accepteraient de l'aider. Mais, pour la première fois depuis la découverte des ruines, une possibilité concrète s'offrait à lui.
Iel prit donc la route de Ravel.
Dévore-le-mana reste un guerrier avant tout. Iel n'est ni un érudit ni un enquêteur expérimenté, et les subtilités du monde de la surface lui échappent encore souvent. En revanche, sa discipline, sa résistance et son sens du devoir ne l'ont pas quitté. Si la guilde peut lui offrir les moyens de comprendre ce qui est arrivé à sa colonie, iel est prêt à mettre ses compétences au service de ceux qui accepteront de l'accompagner.
Car, au fond, sa quête ne se limite pas à découvrir la cause de la catastrophe. Dévore-le-mana veut savoir si d'autres Surkis ont survécu, si ce désastre menace encore les profondeurs et si ce qu'iel a découvert pourra un jour être compris, voire empêché de se reproduire.
Iel a longtemps été le rempart de sa colonie. Aujourd'hui, sans foyer à défendre, iel doit apprendre à trouver sa place parmi des étrangers.
Mais une chose demeure : tant que la vérité restera enfouie sous les ruines, Dévore-le-mana continuera de la chercher.
Personnages ayant partagé au moins une quête terminée avec Dévore-le-Mana.