Sakouma Inouch est un Anadi de 19 ans dont la véritable forme rappelle une grande araignée sauteuse d’environ un mètre cinquante. Sa chitine sombre est en grande partie couverte d’une pilosité polychromatique où dominent le bleu, le vert et le cyan, formant des motifs visibles sur ses pattes et son abdomen. Sa silhouette est plutôt fine, sans donner une impression particulière de force ou d’agilité.
Lorsqu’il adopte une forme humaine, Sakouma prend l’apparence d’un homme relativement ordinaire d’environ 1,70 m, à la peau légèrement bronzée, aux cheveux châtains et à la barbe courte. Il choisit volontairement une apparence discrète, qui lui permet de circuler plus facilement parmi les peuples humanoïdes sans attirer immédiatement l’attention.
Ses grands yeux antérieurs sont sans doute ce que l’on remarque en premier sous sa forme arachnéenne. Malgré une apparence pouvant être impressionnante pour quelqu’un qui n’a jamais rencontré d’Anadi, Sakouma a généralement une attitude assez calme. Sous apparence humaine, son visage est volontairement banal et peu mémorable.
Ses couleurs bleu, vert et cyan constituent son signe distinctif principal. Sakouma n’éprouve aucune honte à montrer sa vraie forme, mais il sait qu’une araignée de cette taille peut provoquer de mauvaises réactions. Il utilise donc souvent ça forme humaine avec les inconnus et ne reprend sa véritable apparence que lorsqu’il estime que cela ne posera pas de problème.
Sous sa véritable forme, ses expressions sont difficiles à interpréter pour les humanoïdes. Ses grands yeux dépourvus de paupières et sa chitine rendent les émotions beaucoup moins évidentes à lire ; elles passent davantage par sa voix, ses mouvements et son attitude.
Sakouma ayant grandi sans pouces préhensiles, il utilise peu les objets conçus pour être tenus longuement par des mains humanoïdes. Il porte surtout un large poncho adapté à sa morphologie, quelques sacoches pour ses notes et son matériel, ainsi que plusieurs talismans et petits objets ésotériques. La plupart ont davantage une valeur pratique ou sentimentale qu’une réelle valeur marchande.
Sakouma est d’un naturel calme et cherche souvent à donner une première impression sérieuse. Cela tient rarement longtemps lorsqu’un sujet l’intéresse : magie, histoire, voyages ou vieux récits suffisent généralement à le rendre beaucoup plus bavard. Il préfère comprendre une situation avant d’agir et choisit volontiers la discussion ou la négociation avant la violence, même s’il sait se battre lorsqu’il n’y a plus d’autre solution.
Avec ses proches, il se montre serviable et fidèle. Il supporte mal la trahison et l’abus de pouvoir pour soumettre les autres. Curieux, il aime apprendre autant que transmettre ce qu’il sait, avec une idée qui résume assez bien sa manière de voir les choses : « Le savoir n’a d’intérêt que si l’on s’en sert pour faire le bien autour de soi. »
Il est parfois un peu maladroit avec les autres peuples, surtout parce qu’il doit souvent cacher sa véritable apparence. Cette habitude l’a rendu prudent, mais aussi assez indulgent envers les premières impressions.
L’objectif principal de Sakouma est de retrouver son frère Kamari et sa sœur Nessari, disparus alors qu’ils se trouvaient à Nantambu. Il est prêt à abandonner beaucoup de choses pour les retrouver, mais conserve certaines limites. Il ne considère pas que sauver sa famille justifierait de sacrifier un innocent, de trahir volontairement quelqu’un qui lui fait confiance ou de devenir lui-même semblable aux personnes qu’il recherche.
Il cherche également à continuer d’apprendre et à rendre ses connaissances utiles. Même si la disparition de Kamari et Nessari a pris le dessus sur ses études, Sakouma n’a pas perdu son goût pour la magie, les récits et les découvertes.
Sakouma est né à Majabi, au Nurvatcha, dans une famille où les livres, les archives et les discussions savantes occupaient une grande place. Son père, Isharu, était enseignant, tandis que sa mère, Kessima, travaillait comme archiviste. Il grandit au sein d’une famille relativement nombreuse, entouré de plusieurs frères, sœurs, cousins et membres plus éloignés de la parenté qui participaient régulièrement à la vie du foyer.
Parmi eux, Sakouma était particulièrement proche de Kamari et Nessari, avec lesquels il passa une grande partie de son enfance. Il avait également d’autres frères et sœurs, certains plus âgés ayant déjà quitté Majabi pour poursuivre leurs propres études ou exercer un métier ailleurs dans le Mwangi, tandis que les plus jeunes restaient encore auprès de leurs parents. Plusieurs oncles, tantes et cousins vivaient également dans les environs ou passaient régulièrement par la maison familiale, ce qui faisait de celle-ci un lieu rarement silencieux.
Son enfance fut heureuse et assez studieuse. Sakouma développa rapidement un goût prononcé pour l’apprentissage, les récits et la magie. Il appréciait particulièrement écouter les membres de sa famille raconter leurs voyages, leurs rencontres ou simplement les événements survenus dans les communautés voisines. Cette curiosité contribua probablement à son désir de découvrir le monde au-delà du Nurvatcha.
À seize ans, Sakouma rejoignit la Magaambya de Nantambu afin d’approfondir sa maîtrise des arcanes. Il y développa notamment son intérêt pour les runes, les protections et l’étude méthodique de la magie. Il apprécia énormément ces années, autant pour les enseignements que pour les personnes venues de régions très différentes qu’il pouvait y rencontrer. Il passait volontiers du temps à écouter les récits des voyageurs et des aventuriers, puis à les raconter à son tour lorsqu’il écrivait à sa famille.
C’est également à la Magaambya qu’il rencontra Selya, une autre Anadi. Contrairement à Sakouma et à ses couleurs particulièrement voyantes, Selya appartient à une lignée d’Anadi venimeux et possède une apparence beaucoup plus sobre. Leur relation commença progressivement, d’abord à travers leurs études et leurs discussions, avant de devenir quelque chose de beaucoup plus personnel.
À cette époque, Sakouma pensait encore poursuivre tranquillement ses études pendant plusieurs années. Sa relation avec Selya semblait elle aussi destinée à continuer naturellement, sans qu’aucun des deux ne ressente réellement le besoin de définir précisément ce qu’elle deviendrait.
Tout changea lorsque Kamari et Nessari quittèrent Nantambu pour un court déplacement lié à leur formation. Ils devaient revenir quelques jours plus tard, mais ne revinrent jamais. Les recherches ne permirent pas de déterminer clairement ce qui leur était arrivé, et Sakouma finit par être convaincu qu’ils avaient été enlevés. Il envisage depuis plusieurs possibilités : esclavagistes, trafiquants ou individus suffisamment riches et peu scrupuleux pour s’intéresser à des êtres qu’ils considèrent comme rares ou exotiques.
Sakouma abandonna alors la Magaambya presque immédiatement. Dans son empressement à retrouver son frère et sa sœur, il laissa derrière lui ses enseignants, ses amis et Selya. Il ne mit jamais réellement fin à leur relation, mais ne lui demanda pas non plus de l’attendre. Il partit avec l’idée que cette séparation serait probablement temporaire, convaincu qu’il retrouverait rapidement Kamari et Nessari.
Les semaines devinrent pourtant des mois.
Sakouma continua d’écrire occasionnellement à Selya, mais avec le temps ses lettres devinrent moins fréquentes et souvent dominées par ses recherches, ses déplacements et les nouvelles pistes qu’il suivait. Il sait parfaitement qu’il a, d’une certaine manière, laissé leur histoire en suspens. Une partie de lui considère toujours Selya comme quelqu’un qui lui est profondément cher, mais il ignore aujourd’hui ce qu’elle pense de son départ, ni même si elle considère encore leur relation de la même manière.
Cette question reste l’un des sujets qu’il préfère éviter lorsqu’on l’interroge trop directement sur sa vie sentimentale.
Les mois qui suivirent son départ furent presque entièrement consacrés aux recherches. Sakouma parcourut plusieurs villes, interrogea des voyageurs, consulta des archives et suivit de nombreuses pistes, souvent sans résultat. Cette période lui fit surtout comprendre qu’il lui serait très difficile de retrouver Kamari et Nessari seul, sans réseau ni contacts importants.
Sakouma entendit parler de la Guilde de Ravel au cours de ses recherches. Une organisation réunissant voyageurs et aventuriers venus de nombreuses régions représentait pour lui une chance d’accéder à des informations et à des lieux qu’il ne pourrait probablement jamais atteindre seul.
Il ne s’attend pas à ce que la Guilde retrouve sa famille à sa place. Il espère simplement qu’en travaillant avec ses membres, en voyageant et en restant attentif aux informations qu’il rencontre, une nouvelle piste finira par apparaître. En attendant, Ravel lui permet également de continuer à apprendre et de rendre ses connaissances utiles.
Personnages ayant partagé au moins une quête terminée avec Sakouma.